Abdel Aziz veut-il nous refaire le coup de Camara Dadis ?

 

 

 

C'est à dire blessé, évacué, puis en convalescence définitive hors de son pays? On ne peut s'empêcher d'y penser car la ressemblance se renforce au fil des jours; même quand on sait que cette ressemblance est artificielle. En effet, Abdel Aziz contrairement à Camara Dadis, a été adoubé et reconnu. Il donné tous les gages nécessaires pour être soutenu quoiqu'il arrive. Pour ces raisons, les forces de "stabilité" qu'il représentait jusqu'au soir du 13 Octobre sont encore là, à l'intérieur comme à l'extérieur, et resteront structurées autour de lui, à moins qu'un évènement nouveau ne survienne. Pendant ce temps, sans en avoir l'air, la Mauritanie est en train d'écrire quelques pages étonnantes dans l'Histoire du Monde contemporain. Pour commencer, Abdel Aziz réitère l'exploi de De Gaulle en 1968. Comme ce grand homme, il disparait de la circulation sans que, ni son gouvernement, ni le parlement, ni même son premier ministre, ne sache où il se trouve. Aucun contact. En corollaire de cela, le pays se gouverne tout seul. La Mauritanie est en pilotage automatique, et ne semble pas s'en porter plus mal. Seule la Somalie vécut (et vit encore) une situation similaire, et on voit quel chaos y règne. Il faut dire que la Somalie n'a pas la chance d'être habitée par des mauritaniens. Ensuite, nous assistons à ce que d'aucuns appellent "vide juridique", qui est en fait la révélation de ce qu'est réellement la constitution mauritanienne. Cette constitution se résume en quatre mots: Mohamed Ould Abdel Aziz. Lui disparu, tout disparait. Toutes les institutions (l'Assemblée Nationale, le Sénat, le Conseil Constitutionnel, l'Armée, le gouvernement) cessent d'exister. Habituellement, dans une dictature, on dit que tous les organes de décision sont entre les seules mains du dictateur et de ses proches. Ici on est bien au-delà de ça. En Mauritanie,fait unique, le président n'a pas besoin de donner des ordres. Même absent et disparu, son autorité plane sur tout, au point que tous les pseudo décideurs sont paralysés. C'est bien là que se situe la révélation.On croyait avoir des textes de loi, une constitution, toutes choses censées régler et encadrer la manière de gérer le pays. Tout cela se révèle n'être que du papier noirci pour des gogos, des bout de torchon qu'il fallait bien remplir pour oser s'appeler République, mais qui, en fin de compte, ne sont d'aucune utilité. On le savait, les évènements viennent de le démontrer. Alors, Abdel Aziz, reviendra, reviendra pas ?  La Mauritanie, continuera t-elle à nous épater par son stoïcisme? Qui vivra verra, dit-on.

 

 

L'Africain 

 



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