Loupe du Jour : Aziz peut-il encore tenir bon, le reste de son mandat ? Posté le 24/10/2012 - Par Cheikh Tidiane DIA © Le Quotidien Rénovateur

Loupe du Jour : Aziz peut-il encore tenir bon, le reste de son mandat ?
A deux ans de la fin de son mandat Aziz a encore du chemin à faire, surtout un travail de titan à abattre pour tenir le pari d’un pouvoir qui a subi un sérieux coup de santé et qui a besoin pour se maintenir jusqu’au terme de son délai, d’un souffle fort.Il doit déployer de gros efforts pour compenser l’hémorragie qui a affecté profondément son charisme.Au sortir d’un épisode terrible, l’homme qui rentrera probablement dans la semaine de son voyage médical mesure certainement ce qui l’attend sur le plan politique.
Ses adversaires du camp de l’opposition l’attendent de pied ferme pour continuer leur escalade visant à faire chuter son régime eux qui ont décidé de descendre dans les rues. L’urgence pour un homme en convalescence est d’abord de recouvrer sa santé mise à rude épreuve par un incident de « circulation » lors d’une sortie non élucidée, en campagne. Il lui faut plus que ce qui aura été fait sur le plan de la communication pour rétablir le cordon entre la présidence et le peuple jusque –là interloqué par cette prétendue erreur d’un tireur « ami » qui a failli attenter à la vie de son président. A défaut de pouvoir y arriver, le prestige de l’homme au pouvoir risque d’en pâtir pour le reste de son mandat. L’opinion publique est désormais très pointilleuse sur les moindres comportements des personnalités qui les gouvernent. Elle n’hésite pas à demander des comptes sur des sujets qui engagent la vie d’une nation. Même s’il se remet de ses blessures physiques , les mauritaniens seront dirigés par un président fragilisé psychologiquement et portant le flanc aux critiques de ses adversaires qui exploiteront à leurs profits cette faille pour troubler la quiétude d’un mandat tenu aux forceps par ses soutiens encore fidèles à leur chef et qu’ils ne sont pas prêt de lâcher aussitôt, surtout en cette période décisive. A la moindre tentative de sape orchestrée par la COD, les troupes de la majorité répondent par des mouvements de riposte destinés à conjurer les démons de la déstabilisation. Certains d’ailleurs se demandent si le retour de celui dont l’état de santé fait alimente les rumeurs du reste controversées, ne va pas être plus porteur de tensions que lorsqu’il prolongerait encore son séjour en France. Autant dire que le Président est écartelé entre deux options toutes deux inconfortables : celle de rester en convalescence jusqu’à retrouver ses forces et celle de revenir avec le risque de voir son état se détériorer et le contraindre à un nouveau retour. L’homme est partagé entre le souci de sauvegarder son fauteuil et celui de préserver sa santé. C’est là où réside toute la difficulté de concilier entre des choix qui se disputent rageusement la conscience d’un chef blessé mais qui tente de braver stoïquement le destin. Pour une question d’honneur personnelle, Aziz pourrait tant qu’il a la fidélité de ses généraux égrener ce qui reste de son mandat. Mais les conditions de sa santé pourraient aussi le pousser à faire « amende honorable » en se retirant de la magistrature suprême. Cela éviterait au pays de retomber dans le cycle infernal des révolutions Kaki. Nous n’en sommes pas là encore…
Cheikh Tidiane DIA © Le Quotidien Rénovateur





