Tunisie : le nouveau gouvernement obtient la confiance du Parlement Posté le 29/01/2014 - Par TUNIS - (©AFP / 29 janvier 2014 01h12) Maghreb

Tunisie : le nouveau gouvernement obtient la confiance du Parlement
TUNIS - Le gouvernement apolitique tunisien dirigé par Mehdi Jomaâ a obtenu dans la nuit de mardi à mercredi la confiance de la Constituante à l'issue d'un débat marathon.
Cent quarante-neuf élus ont voté pour, 20 contre et 24 se sont abstenus, permettant l'entrée en fonction de ce cabinet qui devait recueillir le soutien d'au moins 109 députés.
La formation de ce cabinet a été le résultat de semaines de tractations ayant inclus l'essentiel de la classe politique. Il succède à l'équipe dirigée par les islamistes d'Ennahda, qui ont accepté de quitter le pouvoir pour laisser des indépendants conduire la Tunisie vers des élections.
L'exercice s'est avéré plus difficile que prévu pour M. Jomaâ, qui de la fin de matinée à près de 01H00 du matin (00H00 GMT) a fait face notamment aux critiques de nombreux députés ayant accusé différents membres de son cabinet d'avoir occupé des fonctions importantes sous le régime déchu de Zine El Abidine Ben Ali, chassé par la révolution de 2011.
La formation de ce gouvernement est cruciale pour la Tunisie, car il doit conduire le pays vers des élections en 2014 et achever la transition vers la démocratie entamée avec le premier soulèvement du Printemps arabe.
Son entrée en fonction intervient tout juste après l'adoption dimanche, après plus de deux ans de débats, de la nouvelle Constitution.
(©AFP / 29 janvier 2014 01h12)
Les réactions
Nouvelles O.D.H Le 29/01/2014 à 03:33:35
Le nouveau gouvernement tunisien très critiqué avant le vote de confiance
TUNIS - Des nombreux députés tunisiens ont vivement critiqué la composition du nouveau gouvernement, accusant certains membres d'être des caciques de l'ancien régime, si bien que le vote de confiance prévu mardi après-midi n'avait pas encore eu lieu dans la soirée.
Le vote de confiance à ce cabinet apolitique censé conduire la Tunisie vers des élections en 2014 devait s'apparenter à une formalité, sa composition ayant été le résultat de semaines de tractations politiques.
Mais des membres de l'équipe de Mehdi Jomaâ ont été accusés d'avoir occupé des fonctions clés sous Zine El Abidine Ben Ali, renversé par la révolution de 2011, en particulier le candidat au poste de ministre de la Justice, Hafedh Ben Salah.
Si vous allez voter pour ce gouvernement, vous signerez l'arrêt de mort de la révolution, a lancé un des élus, Hichem Hosni.
Elevons le débat ! Ca ne se fait pas d'accuser des gens alors qu'ils peuvent être innocents, a répliqué le député Salah Chouaïeb.
Aucune preuve de ces accusations n'a été apportée, alors qu'aucune enquête d'ampleur n'a été menée depuis la révolution sur les crimes commis durant les deux décennies du régime de Ben Ali.
Le chef du gouvernement, Mehdi Jomaâ a, lui, voulu défendre les siens, assurant avoir fait son choix sur la base de la compétence, l'indépendance et l'intégrité, tout en promettant de se pencher sur les accusations contre ses ministres accusés d'avoir servi l'ancien régime.
S'il y a des ministres qui ne répondent pas à l'un de ces trois critères, je m'engage à réviser la composition du cabinet, a déclaré M. Jomaâ, ministre sortant de l'Industrie du gouvernement démissionnaire dirigé par les islamistes d'Ennahda.
Il a, par ailleurs, défendu sa candidate au poste de ministre du Tourisme, Amel Karboul, après qu'elle a été critiquée pour avoir fait des déplacements professionnels en Israël.
Conformément à un accord de la classe politique, Ennahda s'est engagé à laisser le pouvoir à l'équipe de M. Jomaâ afin de résoudre une profonde crise politique déclenchée par l'assassinat de l'opposant Mohamed Brahmi en juillet dernier.
Lors de son discours de politique générale dans la matinée, M. Jomaâ avait insisté sur la nécessité de rétablir la sécurité face au terrorisme et de créer les conditions pour relever l'économie afin que les élections puissent avoir lieu en 2014.
Il ne faut pas oublier les difficultés de cette période de transition : difficultés sécuritaires, économiques, sociales et politiques. Le but suprême est d'aller vers des élections libres et intègres, a-t-il déclaré devant la Constituante.
La Tunisie est minée par l'essor d'une mouvance jihadiste depuis la révolution ayant conduit à la chute de Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011. Par ailleurs, le pays est aussi régulièrement déstabilisé par des conflits sociaux parfois violents en raison notamment du chômage endémique.
M. Jomaâ a ainsi appelé au calme social, en référence aux grèves sauvages et blocages réguliers d'entreprises, notamment publiques, pour les forcer à des embauches.
La Tunisie a adopté dimanche, après plus de deux ans de débats la nouvelle Constitution tunisienne.
(©AFP / 28 janvier 2014 22h22)





