La Mauritanie en clips

 

 

 

 

La Mauritanie en clips

 

 

« L'essence même de l'histoire est le changement (...) En histoire, la chute est toujours préparée par une décadence de l'intérieur, un épuisement. Une petite secousse extérieure suffit alors pour tout ébranler », Jacob Burckhardt, Considérations sur l'histoire universelle, Paris, Éditions Allia, 2001, p. 28.

 

 

La candidature de Biram me rappelle ce texte que j'ai posté sur quelques-uns des sites mauritaniens et publié dans l'un des journaux de la place La Nouvelle Expression pour ne pas le citer. Il est accessible allant sur plusieurs liens.

La déclaration de sa candidature à la prochaine présidentielle est à la confluence de plusieurs événements à la fois. C'est extraordinaire que cette fin d’année et ce mois de janvier 2014. Il s'ouvre sur des élections qui permettent à ceux qui ont eu l'intelligence de se dire, que les élections ne se boycottent jamais dans nos vilaines démocraties, d'aller siéger encore dans une assemblée, certes morose, mais bien taillée à notre mesure. Tant pis ! Ils seront là, témoins d’une aventure législative en attendant que les choses changent de manière plus profonde et plus intelligente.

L'AJD/MR revient à la charge sans renifler ; malgré les difficultés financières réelles qui limitent ses ambitions nationales mais ne rompt pas le « roseau » (ko selew-lew). D’ailleurs l'un de nos grands patriotes fait son entrée à l'Assemblée. Je veux parler de mon professeur de physique et chimie au lycée et collège de Boghé, son Excellence monsieur le député Bâ Mamadou Bocar. Désormais vous avez la parole légalement, librement et pleinement, dans un espace légal et commun à tous, et où vous devez surveiller tous ces textes complexes qui doivent gouverner le devenir de notre société. Longue est l’histoire de la confiance que j’ai toujours placé en vous Excellence. Oui elle est longue et remonte à mon adolescence innocente. Anecdote : quand dans la cour du lycée je vous abordais, vous me tendiez toujours ce billet de 200UM. On m’enviait cette « complicité ». J’étais presque devenu votre « ami ». Je témoigne ici sur votre chaleur humaine et votre patriotisme Excellence monsieur le député.

En 2005, menant une enquête sur la diaspora mauritanienne, vous avez répondu, de manière si éclairée, à l’une des questions que j’administrais à mes enquêtés. La double nationalité ? Vous m’aviez tenu ces propos d’une lucidité politique absolue : « Pour moi en tant que dirigeant je ne crois pas possible de changer de nationalité, mais le simple militant est libre de choisir ». C’est très clair et net comme attitude. Elle est défendable à l’Assemblée nationale pour que le pays accepte une fois pour toute la possibilité d’avoir une double nationalité. Cela n’empêchera en rien le patriote de le demeurer toute sa vie durant et sans complexe. Vous donnez un exemple et vous êtes un bel exemple. Vous étiez réfugié politique et vous savez bien la dureté de l’exil même s’il est volontaire ; alors que dans le cas de beaucoup de jeunes mauritaniens, il était forcé.

Donc prendre une autre nationalité décrit tout simplement ce tourment inconsolable qui provient de cette volonté d’être identifié à « quelque chose ». Notre nationalité d’origine, Nous Mauritaniens, Vrais mauritaniens nous ne pouvons et n’accepterons jamais de nous en séparer, notre amour pour notre terre natale est fatal et donc on ne peut échapper à sa voracité. Chaque matin, en prenant nos bains nous rencontrons le regard de notre nombril et nous pensons au cordon enterré chez nous au village en territoire mauritanien. Recensez-nous là où nous vivons sans jamais avoir coupé le cordon ombilical qui nous relie à notre terre. Merci Excellence, mon professeur de défendre l’ensemble des composantes de notre peuple dans le sens qui est le vôtre et depuis toujours.

 

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Ce mois de janvier est très riche en petits signes annonciateurs de changements. Pour la première fois de la vie de cette nation l'équipe nationale de football assiste à une compétition continentale et s'en sort pas si mal ; donnant au peuple des instants de rêves qui aiguisent même les talents de nos artistes. Exemple ce joli clip que cette chanteuse mauritanienne qui se métamorphose en belle peule, dansant sur un fond musical américain digne d'une boîte de nuit, à défaut d'une plage remplie de jeunes mauritaniennes et mauritaniens en bikinis multicolores, des fumées, de thiof braisé, s'élevant vers un ciel bleu et un soleil éclatant laissant tomber ses rayons qu'une mer calme reflète. Je rêve de bikinis sur les plages de Nouakchott et de Nouadhibou et même au bord de Belel Ournguel, des Lacs « aménagés » (avec des canoës et des avirons) de Rkiz, d’Aleg, au bord du Gorgol noir et jusqu’à Foum-Gleyta. Et pourquoi pas à Ayn-Taya ? Vaut mieux le faire au lieu d’aller tenir des concerts dans une ville historique souillée. Quel acte anti-religieux et contre la Suna du Prophète encourage un individu, doté de sens et de chœur, à inviter des rescapés d’un mouroir à venir manifester leurs joyeusetés dans un lieu horrifiant et terrifiant pour eux. Juste là aux bords des tombes, avec vos bruits, rires, joies comme pour torturer, encore une fois, les corps qu’elles contiennent. C’est quoi ce comportement anti-religieux que les Oulémas ne dénoncent pas et qui n’offusque pas le peuple tout entier ? Et pourtant c’est bien un des principes fondamentaux de sa religion qui est piétiné ainsi : l’irrespect de la tranquillité des morts surtout innocemment, méchamment. L’hypocrisie ne tue pas son auteur, elle le revigore dans son mensonge et l’achemine direct vers l’Enfer qu’il mérite ave tous les munafiqun.

Beaucoup de commentaires postés sur les sites ont parlé de rectification de la part de la chanteuse qui avait osé envoyer un clip où elle apparaissait les cheveux « en l'air » qui suggère un changement même dans les formes de déhanchement des silhouettes de nos femmes. Quel dommage que de ne pas laisser ses femmes découvrir leurs belles chevelures afin que leur cuir chevelu puisse mieux respirer et profiter des vertus thérapeutiques du soleil. Quel dommage que de ne pas laisser ses femmes porter des jupes, des costumes, des Jean’s et des baskets se dandinant sur l’Avenue Mokhtar Ould Daddah et la future place, ou rue, ou école Mamoudou Samboly Bâ dans la commune d’arrondissement(au moins)  gagnée par l’AJD/MR dans la capitale !

Toutes ces choses, venant de la Mauritanie me donnent l'envie folle de recouvrer mes 22 ans, pour me gambader, la nuit, dans des rues éclairées et joyeuses, descendre dans les boîtes de nuit du quartier populaire d’Arafat à Nouakchott, devenue ville rayonnante d’une nouvelle culture que le rap et l’Internet désarçonnent. Aïe! Mais la vieillesse arrive à grands pas pendant que la jeunesse mauritanienne ose, dans des clips, afficher des scènes dites « obscènes » chez nous. Les deux jeunes « s'embrassaient » , « attouchements »! Et alors ? Et pourtant il y a des associations de « gorjigën », des hommes qui s’appellent Vatimétou, Ouichiteu et même Kneiba et qui marchent dans la rue avec le bras complétement cassé, avec même du xeesal et le corps s’entortillant, dans des tenues moulées ou les bouts des boubous pincés à l’image de nos vraies eleyattes -femmes,  comme du singôme Malabar  en Mauritanie et qui fonctionnent au vu et au su de tous les Oulémas du pays. Eh bien ce sont des intermédiaires et des confidents attitrés des pontes et donc…). Et les viols suivis de meurtres abominables, même de petites filles innocentes, qu’en faites-vous Oulémas, vous et vos ouailles tendant à devenir une police des mœurs.

J'ai beaucoup ri en m’interrogeant sur, comment une société, aussi permissive en privé, sur les dunes et les plages à la tombée de la nuit, puisse s'offusquer pour un baiser ou une jupette dans la rue. Les jeunes d’aujourd’hui vivent leur temps, à nous d’observer de nous en lamenter car de notre temps on faisait des choses très osées pour notre époque. Il ne faut pas vivre son histoire et vouloir empêcher les autres de tracer leur propre trajectoire de la vie en fonction des clefs de comportements de leur propre époque. Cette attitude peut signifier un état d’esprit ennuyant : « ce n’est plus comme avant », diront les nostalgiques d’un temps à jamais perdu. Ah oui ce ne sera jamais comme avant. Vous avez voulu sédentariser les gens et donc il faut en accepter toutes les conséquences. Ibn Khaldûn avait averti il y a plus de dix siècles de cela. Donc poussez votre vieille caisse, rangez vos souvenirs d’enfance, regardez le calendrier et le millénaire vous giflera de cette force qui vous obligera désormais de conjuguer votre temps au présent et pas au passé antérieur. Il faut avancer avec le nouveau temps, conjuguer ses verbes au passé simple, sinon l’ultime solution c’est de le quitter. Là je rappe ou je dérape !? Non je ne pourrais jamais égaler un certain MONZA. Nos jeunes sont époustouflants quand ils acceptent de traduire ce dictionnaire qu’ils trimbalent dans leurs têtes à longueurs d’années. Monza : Musique Originale Native de la Zone Authentique ! C’est aussi simple que bonjour ; si le ministère de la culture ne s’en occupe pas, les composantes du peuple, elles, inventent et déposent leurs produits dans tous ces espaces libres qui leur sont offerts par le temps présent.

 

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Ce mois de janvier et le mois qui le précéda de peu m'ont étonné. Un défilé de mode à Nouakchott avec les autorités municipales en première ligne. Admettons que le maire sortant soit un vrai « branché », mais cela s’est passé en Mauritanie et à Nouakchott ! Il faut oser non! Quelque chose dans nos cervelles bouge, mais le ver est si têtu qu'aucun poison n'arrive pas à le terrasser de sitôt, niché qu'il est dans sa loge.

Libérer ces belles femmes mauritaniennes. Elles sont toutes belles et d’elles dépendant l’avenir de notre société. Si nous continuons à les déclasser, les serrant dans des règles aussi draconiennes qu’irrecevables nous risquons de rater de coach de notre insertion dans le monde. Les femmes tiennent une place importante non seulement dans la reproduction mais aussi dans l’éducation et le suivi « affectif » de la société. Donc elles doivent être épanouies selon leurs choix, mais toujours dans les limites de la légalité.

 

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Ce mois de janvier est tellement riche qu'un « pauvre forgeron » a failli être lynché par une foule hystérique commanditée expressément, et en toute défiance de la loi, par un commerçant mettant sa tête à prix, comme au temps des films cowboy. Nous sommes où là ?

On parle de blasphème et de je ne sais quoi encore et on juge avant d'avoir jugé. Le président de la république a même dit que la Mauritanie n'est pas un pays laïc. Et alors lui aurai-je répondu si j'étais à ces côtés sans ses gardes du corps ( !). Mais la laïcité ne signifie pas ne pas s’offusquer, ne pas manifester quand quelqu’un, de manière délibérée, se met à écrire ou à dire du n'importe quoi sur le patrimoine de la nation et surtout s’il s’agit de la religion d'état. Laissez-moi vous dire que la laïcité, enfin celle à laquelle je crois, se trouve même au sein de toutes les religions, car toutes les lois religieuses et les plus draconiennes ont leur trouve, dans le même livre, des mécanismes de leur atténuation, de leur substitution à d’autres peine comme ici de ce cas. Le jeune homme est « revenu à la raison », mais son enregistrement n’est pas pris en compte et la procédure judiciaire se poursuit. Si on applique la Loi de Mohamed, il est libre de ses actions de manière automatique, par contre son licenciement reste abusif et condamnable. D’ailleurs même libre, il risque fort de faire l’objet de menaces et son seul salut sera l’exil. Les hommes ont-ils le droit de juger le degré de foi d’un individu ? C’est lui qui pose cette question et pas moi.

L’application des préceptes humains contenus dans la religion est une recommandation divine. C'est cela la laïcité pour moi. C'est savoir lire sérieusement les textes qui fondent notre vie d'ici et qui règle notre au-delà qui dépend de notre relation direct, privée et donc intime avec le Créateur (Chacun étant berger de sa propre vie en plus !). Mais si nous agissons au nom du sentiment ou de la politique politicienne nous mettons de côté les textes fondateurs nous les méconsidérons dans leurs différents chapitres et les commentaires qui nous permettent d’en appliquer les modalités pratiques pour la vie en société. La laïcité signifie, pour moi, la tolérance et la pondération face aux citoyens de tous les bords quand il s’agit d’appliquer la loi dans sa rigueur. Je disais dans un texte posté sur les sites il y a quelques mois déjà : « On ne pratique pas la religion si on ne réfléchit pas. La preuve c’est que les animaux n’ont aucune religion. La religion est conçue pour nous organiser, c’est un discours de méthode qu’il faut bien lire et très bien comprendre, car un musulman, un vrai est inviolent. Il ne peut aimer la destruction de cette harmonie que Dieu nous a offerte. »

L'islam n'a jamais, ni appelé à la haine, ni aux meurtres. Cette religion nous apprend la sérénité et autre chose qui ne répond pas à cet état d'esprit, l'islam le rejette. Pourquoi? Parce que le Coran ne pouvait pas être révélé à quelqu'un qui n'est pas serein, posé et stratège dans les alliances sociales, politiques et économiques. Il allait seulement devenir fou en rencontrant ce messager dans un rêve hallucinatoire. Donc il a fallu une grande maîtrise de soi, une sérénité profonde pour faire imposer depuis des siècles les préceptes humains contenus dans cette religion. Les commentaires du peuple (manifestations en faveur de l’exécution du jeune homme) sont largement utilisés pour des fins purement politiciennes. La religion se défend d'elle-même. Le croyant ou le non croyant n'y peuvent rien, car le sort de la religion ne dépend ni d'un « forgeron révolté », ni d’un « candidat » qui avait brûlé des pages d’un livre, ni d’un soldat qui a déserté son atelier mécanique pour s’occuper de technologie sociale, politique et financière, ni d’un âlim en manque de Dollars saoudiens ou Qataris. Il est révolté contre [nous sommes tous révoltés] contre l'ordre social renforcé par des Oulémas peu soucieux de poser le regard sur les réels problèmes de la société.

Laïcité ou pas laïcité, ce n'est pas cela qui est posé comme équation par ce jeune homme « innocent » qui trouble le sommeil de ceux qui pensent que la goutte de leur sang vaut plus que celle de leur alter ego humain. Il pose une question centrale dans la société maure (versant bidan) : le problème des castes et le voile noir qui les entoure. Il faut entamer le craquèlement définitif de l’assabyat en rejoignant les mouvements de l'histoire. Toute la « plèbe » débout comme un seul homme pour ébranler la société de manière verticale comme horizontale. Un chambardement social est nécessaire pour que l'ordre revienne et que les voix comptent et racontent leur propre histoire.

Tous ces éléments réunis font que des sorties de plus en plus intéressantes se lisent sur les sites. Il ne se passe pas une semaine sans qu'un texte n'ait attiré l'attention des internautes qui réagissent avec des opinions si variées et si intéressantes à analyser pour mieux voir ce qui se cache derrière ces débats. Les réseaux sociaux donnent encore, ici, une vraie illustration du rôle qu'ils peuvent jouer dans les débats de société.

Ce mois de janvier permet même au soldat de devenir le président de tous les Africains, même si c’est par défaut.

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Ce mois de janvier le vieux Massaoud s'en va. Le vieux lion de toutes les luttes sociales et politiques pour l’éradication de l’esclavage quitte le perchoir. Je n'entends pas faire de critiques ni de louanges. Mais une question me taraude [comme vous certainement], le lion se retirera-t-il de la politique ? Même s’il dit « EBDEH, NON !», je pense qu'il a besoin de repos et de passer le flambeau à plus jeune que lui. Il doit devenir un patriarche dans le vrai sens du terme comme nous en avons connu dans tous les peuples du monde qui se respectent. Il faut accepter maintenant de devenir un vrai BANC (migaydé en hassanya) sur lequel viendront se jucher tous les héritiers et de tous les bords. Plus de distinction possible, l'efficacité commande l'action sinon l'héritage sera perdu. Il y a une nécessité de recoudre l’ensemble des morceaux ainsi éclatée pour redonner un nouveau souffle à cette revendication centrale pour la tranquillité future de la nation en perpétuelle reconstruction.

Je crois que ce départ consacre l'arrivée d'une nouvelle « oligarchie haratine » que le pouvoir se mettra toujours à re-fabriquer pour mieux maintenir le fossé entre les tendances et barrer la route aux jeunes « prétentieux ». Parallèlement à tout cela ceux qu’on accuse d’être des « nègres de service » préparent leur relève.

Mais Biram est un petit loup de la chemama. Il a bien compris le symbolisme de sa terre natale : cœur des civilisations ouest-africaines et sahariennes. Il a pris son chemin, il a construit son destin et poursuis toujours son programme. C'est très logique. La lutte pour les droits humains et surtout contre l’esclavage demande de gros investissements humains et financiers dans notre pays aussi large que la planète mars. Il faut insérer les « libérés » dans la société des Libres et leur octroyer le boulot nécessaire à leur survie en tant qu’Hommes Libres. Là problème, ils se retrouvent souvent dans un monde féroce au point de regretter d’avoir quitté le vrig de la fraction tribale à laquelle appartient la famille qui use et abuse de leur condition de sous-homme de père en fils et à vie !

La liberté n’est pas un simple concept. Ce n’est pas du « al aïch » prêt à la consommation. C’est un état d’esprit et un vrai éveil devant la réalité de son propre être libre, certes de ses mouvements et de son bon vouloir, mais contraint à produire lui-même ce qu’il doit manger. Mais s’il doit encore allonger la queue des dockers au port, devenir boucher, blanchisseur, wogave, gardien, chauffeur, boy, ouvrier dans ces multiples mines qui ouvrent et tuent encore plus notre environnement, il change de maître mais pas de position dans la chaine de la souffrance. Alors que la lutte pour la libération des esclaves, ou toute autre lutte pour l’égalité entre les hommes, a pour but de changer cette position en posture de prise de parole et de décision souveraine et irrévocable. C’est-à-dire se mettre dans un processus de maîtrise de soi et de son environnement par ses propres facultés mentales et sa propre vision de la vie sans aucune contrainte extérieure avilissante. C’est tout un univers de bruits, de brimades de toutes sortes, de solitude intérieure, de travail infini du matin au soir qu’il faut évacuer de la mémoire. C’est la réécriture de toute une longue et douloureuse histoire qui a besoin d’une cellule psychologique imposante et sophistiquée. IRA, en tant qu’ONG, pouvait-elle mettre en place l’ensemble de cette structure complexe d’accueil des « Libres » ?

Les Libres ont besoin d’espace, car la liberté d’un individu est toujours menacée quand il y a affluence quelque part. C’est cette histoire brouillée que IRA n’a pas pu résoudre par faute de moyens et pas par manque de volonté pour rendre concret le mot « LIBERTE ». Les couronnements de son président, l’élargissement de son carnet d’adresses, sa presque « immunité diplomatique » [aujourd’hui, il est candidat et donc l’Etat est obligé de le prendre au sérieux voire même de lui affecter une sécurité dès à présent], la sympathie ou l’antipathie qu’il suscite conduisent à l’aspiration à plus de marges de manœuvre. Donc la politique, l’accès au cœur du pouvoir est le seul moyen pour atteindre ses objectifs. L’ampleur du travail à accomplir dépasse le rôle d’une ONG. C’est une Affaire d’Etat et donc il faut aller à l’assaut du pouvoir et de tous les pouvoirs. Il est logique dans sa démarche. Cependant, il se jette là dans le ventre d’un animal extraordinaire qui allie appétit, digestion et indigestion en même temps. Jamais je n'ai vu machine aussi infernale que la politique ! C'est en fait comme le lamba en haut ou en bas tu finis toujours par terre et le peuple, qui tendait la main pour les miettes, se range derrière ta dépouille sociale alors qu’il n’a jamais cessé d’acclamer, te pousser au lieu-dit : tourbillon. Attention au terrain réel de la politique, au langage, aux sorties, à l’entourage, aux électrons libres qui tirent sur tout et rien en même temps. Enfin je veux dire qu’une nouvelle approche dans le projet de société à proposer à l’ensemble des électeurs du pays s’impose.

 

***

Ce mois de janvier est donc d’une richesse exceptionnelle. L’opposition connait un nouveau chef avec les résultats des élections législatives. 16 députés pour le parti islamiste Tawassoul. Il consolide son avancée et son ancrage (même si le boycott et les fraudes ont joué en sa faveur selon quelques observateurs). Les quelques événements cités plus haut ne le laissent pas indifférent. D’ailleurs le parti a réagi au « blasphème » du siècle de la part d’un « forgeron » qui a pris le risque de vouloir passer inaperçu entre le marteau et l’enclume.

Le parti islamiste mauritanien est fort et nous le savons tous depuis sa naissance au début des années 1970. Il a toujours su jouer le jeu jusqu’au jour de sa reconnaissance il y a juste moins de dix ans. L’état est toujours à l’affût des alliances possibles. D’ailleurs quelques membres éminents de la mouvance islamiste ont toujours réussi à s’insérer dans les gouvernements respectifs apprenant les rudiments de l’exercice du pouvoir. C’est très bénéfique. Donc cette histoire de blasphème arrange le parti au pouvoir et le chef de file de l’opposition à l’Assemblée nationale. Et puis, il me semble que les baathistes sont dépassés non ? Les nassériens aussi ? Donc ils risquent fort de reverser leurs forces (si ce n’est déjà fait) dans l’escarcelle toujours ouverte de Jemil.

Le renforcement de l’assise islamiste doit attirer notre attention. Elle attire l’attention. C’est même évident. Son patron est un homme intelligent et pragmatique. Oui, en politique il faut aussi savoir être pragmatique pour s’imposer une conduite et montrer sa volonté d’aller de l’avant. Il tape dur sur le système et navigue avec lui car il le connait et l’expérience des autres mouvements islamistes dans le monde inspire et donne espoir.

Le printemps dit « arabe » y est pour quelque chose même si la lutte contre cette nébuleuse milite pour un musellement. Mais jusqu’à quand ?

 

***

Ce mois de janvier quelques partis de l’opposition « boycotteuse » veulent tenir un congrès pour préparer la prochaine élection présidentielle. C’est très bien de se concerter d’autant plus que la donne politique et sociale mauritanienne a beaucoup changé et ne cesse de changer. La profusion des candidatures qui se profile à l’horizon va encore davantage brouiller notre orientation politique.

La « gauche » et les autres qui peuvent être identifiés à une idéologie plus « libérale » ont boycotté perdant des localités importantes et créant des frustrations certaines chez leurs militants. Il faut une forte remobilisation des troupes pour affronter cette nouvelle coalition qui se dessine entre le pouvoir et les islamistes et trancher la question moins lancinantes des prochaines candidatures à la présidentielle entre surtout les leaders haratins et négro-africains et déterminer la place exacte que doivent jouer les FLAM dans cette nouvelle échéance électorale à venir. Leur retour est effectif et leurs activités le démontrent. Mais une question demeure toujours. Où se « mettre » ? L’échiquier politique est si large, mais un seul choix s’imposera et des alliances stratégiques se noueront après. Une greffe quelque part ou un parti à part ?

Et les mouvements sociaux les plus en vue aujourd’hui et qui semblent mobiliser comme le TPMN,  où doivent-ils se situer ? Quelle ligne ne pas franchir et quel type de discours avoir aujourd’hui vis-à-vis de la multiplicité des alliés potentiels ?

Toutes ces questions restent en suspens dans la tête de celui qui observe. Nous devons travailler pour un nouveau contrat social car les disparités entre les générations et les volontés de formes obscures tapies dans l’ombre nous inquiètent.

Si je récapitule, je dirai que tout est possible maintenant en Mauritanie. Il suffit d'y croire et d'engager la lutte vers son ultime but : l'unité de cette belle nation arc-en-ciel posé entre l'Afrique du Nord et l'Afrique au Sud du Sahara. Il faut qu’on sache nous débarrasser de notre vieille melehfa défigurante.

 

 

 

 

Abdarahmane NGAIDE (Bassel)

UCAD/IEA de Nantes, le 01/02/2014

 

 

 


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