RETRAITE DE THIERRY HENRY Posté le 16/12/2014 - Par © Foot 365 RETRAITE DE THIERRY HENRY - Publié le 16/12/2014 à 11h42 - Mis à jour le : 16/12/2014 à 11h59 - Sport

 

 

 

 

 

RETRAITE DE THIERRY HENRY 

 

 

 

Juste en dessous des Dieux vit le Roi Henry

 

 

Si sa fin de carrière avec les Bleus fut difficile, Thierry Henry a incontestablement marqué la grande histoire du football français. De quoi tutoyer les trois plus grands au Panthéon : Kopa, Platini et Zidane.

 

 

 

 

 

Une page de l’histoire du football français se tourne. Depuis 1997 et son premier match en équipe de France à tout juste 20 ans, face à l’Afrique du Sud, le roi Thierry Henry aura été de toutes les combats, armoiries de la FFF sur le cœur et numéro 12 dans le dos. Sur tous les champs de bataille footballistiques, il aura été de toutes les victoires et de toutes les défaites. La place de l’enfant des Ulis (Essonne) au Panthéon du sport français peut se résumer à son singulier palmarès. Champion du Monde des nations, d’Europe, vainqueur de la Ligue des Champions, recordman de buts en équipe de France, capitaine des Bleus avec qui il dispute quatre coupes du Monde (pour deux finales) et trois championnats d’Europe (pour une finale)… Henry marqua aussi l’histoire du foot anglais et celle d’un club, Arsenal (deux titres de champion d’Angleterre), dont il devint le meilleur buteur, là aussi, faisant d’Highbury son jardin et son église, unique Dieu révéré à qui l’on pardonne tout et tout le temps.

 

 

Le pari de Jacquet

 

 

Cet amour anglais, Henry ne l’aura pas vraiment partagé avec la France sur sa fin de sa carrière. Pourtant, comme toutes les histoires d’amour véritables, tout a débuté en sélection par un coup de foudre. En 1997, Aimé Jacquet est déjà séduit par ce jeune attaquant monégasque longiligne et ultra-rapide qui terrorise la D1. Alors qu’il a sacrifié sur l’autel du collectif Ginola et Cantona, deux monstres sacrés starifiés en Angleterre, Jacquet décide de lancer le « gamin » lors de la Coupe du Monde. Contre l’Afrique du Sud à Marseille. Ce jour-là, Henry, buteur, et Jacquet, vainqueur, remportent leur incroyable pari. La Coupe du Monde est lancée vers un sacre final auquel participe notamment Henry en quarts de finale. Le Monégasque ne tremble pas lors de la séance des tirs au but face à l’Italie, là où certains tauliers effrayés ont reculé. Mais c’est du banc qu’il verra sa première finale de Coupe du Monde, extatique après les buts de Zidane et Petit, et l’épaule broyée par un Roger Lemerre au bord de la crise de nerfs jusqu’au coup de sifflet final.

 

 

 

 

 

 

Dans l’ombre de Zidane

 

 

En 2000, après une errance en Italie à la Juventus qui lui rappelle que rien n’est facile malgré un talent phénoménal, Henry, bien relancé par Arsenal, confirme enfin lors de l’Euro en Belgique et aux Pays-Bas. Mais en finale, il laisse encore la lumière aux copains Wiltord et Trezeguet. On se dit que 2002 sera son année. Mais comme Zidane, il arrive blessé et irritable au Mondial asiatique. Expulsé face à l’Uruguay, il n’échappe pas au naufrage qui emporte les Bleus. Toujours aussi prolifique sous le maillot des Gunners, 2004 lui offre l’occasion de briller à nouveau. Mais l’Euro portugais s’achève dans la confusion et une défaite face à la Grèce. Jusqu’ici dans l’ombre de Zidane, Henry a enfin l’occasion de briller de mille feux en solo après la retraite internationale de « ZZ ». La nomination de Domenech, qui veut faire son équipe en fonction des qualités de son attaquant, semble lui promettre des lendemains enchanteurs. Mais la symphonie est inachevée et Henry doit se féliciter du retour du « Dieu Zidane » dès 2005. Les deux hommes, qu’on plaît tant à opposer, permettent de concert aux Bleus d’aller en Allemagne.

 

 

 

La main, début de la fin

 

 

Lors de cette Coupe du Monde, Titi Henry, qui a sorti Zidane de sa dernière Ligue des Champions quelques semaines plus tôt, réalise une grande compétition. Mais il a le tort injuste de briller quand Zidane est incandescent face au Brésil et de ne pas être décisif en finale face à l’Italie quand la lumière s’éteint sur Zidane et les Bleus dans la nuit électrique de Berlin. Cette fois, Zizou disparaît des radars définitivement et Titi devient le numéro 1. Mais Henry peine à fédérer les nouveaux joueurs de l’équipe nationale. 2008 est un échec dont on ne prendra la véritable mesure que quelques mois plus tard. Les Bleus peinent à se qualifier pour le Mondial sud-africain. Et un soir de novembre en banlieue, Henry aide la France à sortir l’Eire en mettant une main pour s’emmener le ballon avant de servir Gallas. Sur le terrain, Henry ne se dénonce pas. En zone mixte, il reconnaît sa faute. Mais est brûlé sur le bûcher des bien-pensants. Il ne se remettra jamais des attaques et du manque de soutien national après ce geste. Le début d’une fin tricolore délavée.

 

 

 

 

 

 

Kopa, Platini, Zidane… et Henry

 

 

Diminué physiquement, en manque de temps de jeu à Barcelone, Henry ne mérite pas sportivement le Mondial sud-africain. Mais Domenech n’a pas le courage de se priver de son capitaine, de son rare relais. Mais il n’a pas le courage non plus d’aller jusqu’au bout en mettant Henry sur le banc et en le privant du brassard. Un joueur de ce calibre ne peut pas être remplaçant. Et c’est de loin qu’il assiste à la déliquescence de cette maison bleue à Knysna. Sans leadership, après un dernier match face à l’Afrique du Sud, cette nation qui marque donc le début et sa fin de vie en Bleu, Henry coule aussi et voit son histoire d’amour avec le maillot frapper du coq virer à l’aigre. Avant de devoir se justifier, capitaine abandonné au profit d’Evra, dans le bureau du président de la République de l’époque… Tant pis pour l’histoire contemporaine écornée qui ne retient que cette malheureuse sortie de route. L’histoire du temps long, la grande histoire, retiendra elle ce buteur efficace, qui certes a eu 123 sélections pour battre le record de buts inscrits par le géant Platini (avec 51 sélections de moins) mais qui aura eu le mérite de le battre tout de même. Toujours ça de pris. De quoi le hisser au pied du podium des plus grands de l’histoire du foot français. Une marche en dessous de Kopa, Platini et Zidane, les trois Dieux Bleus. Mais sans doute juste au-dessus de Jean-Pierre Papin, pourtant lui aussi lauréat d’un Ballon d’Or qui a injustement fui Henry tout au long d’une magnifique carrière qui a pris fin un 16 décembre.

 

 

 

 

 

 

 

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