RDCongo : l'opposition fonde un Rassemblement contre Kabila Posté le 10/06/2016 - Par Bruxelles - (©AFP / 10 juin 2016 20h47) Afrique élections

RDCongo : l'opposition fonde un Rassemblement contre Kabila
Genval (Belgique) - L'opposition congolaise réunie près de Bruxelles a décidé dans la nuit de jeudi à vendredi de s'unir au sein d'une nouvelle structure, baptisée Rassemblement, et exigé le départ en fin d'année du président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila.
Quelles que soient les circonstances dans lesquelles le pays va vivre, nous sommes tout près de la victoire, a déclaré devant une centaine de délégués de l'opposition et de la société civile congolaise l'opposant historique Etienne Tshisekedi, en déclarant clos le conclave qui s'est tenu dans un hôtel de Genval, à une vingtaine de kilomètres de la capitale belge.
L'accord des partis de l'opposition a été annoncé à l'issue de deux jours de conciliabules à huis clos, parfois tendus, lancés à l'initiative de M. Tshisekedi, président de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), 83 ans, et candidat malheureux à la présidentielle - aux résultats contestés - de 2011 face à Joseph Kabila.
A Kinshasa, la coalition de la Majorité présidentielle (MP) a rejeté les résolutions du conclave, les assimilant à une tentative de coup d'État et à un complot contre la Nation .
La Belgique, elle, salue le travail de rassemblement effectué cette semaine afin de parvenir à des positions communes de l'opposition, a indiqué dans un communiqué le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, qui a reçu une délégation de l'opposition vendredi.
Le chef de la diplomatie belge espère que cela se traduira par un réel échange entre la majorité et l'opposition, dans un cadre propice, tel que souhaité par l'Union Africaine, selon le communiqué.
Le texte, dit Acte d'engagements signé à Genval, prévoit d'unir les forces de l'opposition au sein du +Rassemblement+ pour faire aboutir la lutte du peuple congolais au service de l'alternance et de l'Etat de droit.
Un comité des sages, placé sous la direction de M. Tshisekedi, sera chargé, avec l'aide d'un organe plus technique, de coordonner l'action de l'opposition, qui a jusqu'ici échoué à former un front uni contre le régime de M. Kabila, au pouvoir depuis 2001.
Coup d'Etat constitutionnel
Dénonçant le coup d'Etat constitutionnel que constituerait selon eux le maintien au pouvoir de Joseph Kabila au-delà de la fin de son mandat, le 19 décembre, les signataires exigent l'organisation d'une élection présidentielle avant cette date.
Ils réclament également la mise en oeuvre intégrale de la Résolution 2277 du Conseil de Sécurité des Nations unies.
Celle-ci insiste sur la nécessité d'un dialogue politique ouvert, permettant la tenue des élections présidentielle et législatives d'ici novembre 2016, conformément à la Constitution, une prise de position jugée irresponsable par Kinshasa.
Les participants au conclave posent en outre une série d'exigences, telles que la libération immédiate et sans condition de tous les détenus politiques, ou encore l'arrêt et labandon des tracasseries fiscales, administratives, policières ainsi que de toute procédure judiciaire arbitraire contre les membres de l'opposition et de la société civile.
S'il n'y a pas de volonté du pouvoir, nous n'avons pas de cadeau à lui faire, a déclaré à l'AFP le secrétaire-général de l'Union pour la Nation congolaise (UNC), la troisième grande force de l'opposition à l'Assemblée nationale, Jean-Bertrand Ewanga. M. Ewanga a signé l'accord de Genval mais était présent à la réunion à titre personnel , selon son parti.
L'acte d'engagements a également été signé par des représentants de la société civile et par le G7, un groupe de sept partis passés à l'opposition en septembre et qui soutient la candidature à la présidentielle de l'ancien gouverneur de l'ex-Katanga, Moïse Katumbi, qui a quitté la RDC en mai sous la menace d'un procès pour atteinte à la sûreté de l'Etat.
M. Katumbi, ancien allié de poids de Joseph Kabila passé à l'opposition, n'a pas participé à la réunion, mais était représenté.
(©AFP / 10 juin 2016 20h47)
RDC : le conclave de Bruxelles divise l'opposition congolaise

Bruxelles - L'opposition congolaise se déchire autour d'une réunion convoquée à Bruxelles pour exiger la tenue de la présidentielle avant le terme du mandat du président de la République démocratique du Congo Joseph Kabila, a-t-on appris mardi des sources concordantes.
Le conclave devait s'ouvrir dans un grand hôtel proche de la capitale belge mercredi à 11H00 (09H00 GMT) et en principe s'achever jeudi à la mi-journée par l'adoption d'une déclaration commune, a indiqué à l'AFP une source ayant requis l'anonymat.
Mais un groupe d'opposants en partance mardi soir de Kinshasa vers la Belgique a indiqué à l'AFP que la réunion ne pourrait se tenir qu'à partir de vendredi, afin de permettre aux retardataires d'arriver à Bruxelles.
Le Mouvement de libération du Congo (MLC) et l'Union pour la nation congolaise (UNC), deux principales forces d'opposition à l'Assemblée nationale, ont déclaré à l'AFP ne pas être concernés par le conclave de Bruxelles.
Cependant, deux des principaux adversaires de M. Kabila, 45 ans, au pouvoir en RDC depuis 2001, devraient être présents : l'opposant historique Etienne Tshisekedi, président de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), 83 ans, et l'ancien gouverneur de l'ex Katanga Moïse Katumbi(51 ans), candidat déclaré à la présidentielle censée se tenir en novembre, mais devenue improbable.
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Moise Katumbi
Ex-allié de poids du président Kabila, M. Katumbi est inculpé d'atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l'État. Fin mai, il a quitté la RDC pour l'Afrique du Sud, officiellement, pour s'y faire soigner. Il a ensuite rejoint Londres, d'après l'un de ses avocats.
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Etiennne Tshisekedi
Le vieil opposant Tshisekedi a accepté de participer au dialogue convoqué par M. Kabila, mais a continué de multiplier des préalables. Le facilitateur de ce forum, l'ancien premier ministre togolais Edem Kodjo, (poto ci-dessous) désigné par l'union africaine(UA) a accusé l'UDPS de bloquer le dialogue.
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Le MLC et l'UNC soupçonnent l'UDPS de vouloir obtenir une transition après le dialogue, ce qui équivaudrait à violer la constitution comme Kabila parce que la transition n'est prévue nulle part dans ce texte fondamental, a déclaré le député UNC Jean-Baudouin Mayo.
Le MLC ne peut pas tomber dans ce piège du dialogue, qui conduirait au non respect de la Constitution, a déclaré pour sa part le chef de ce groupe au parlement, Alexis Lenga wa Lenga.
L'objectif est que +les forces acquises au changement+ parlent d'une voix commune et peut-être annoncent la création d'une nouvelle structure pour arriver à faire respecter la Constitution, a précisé la source au courant des discussions préparatoires.
Côté société civile, le mouvement de jeunes indignés Lutte pour le changement (Lucha) et la Coalition des 33 ONG de promotion et de défense des droits de l'homme devraient être représentés.
La Constitution interdit au chef de l'Etat congolais, dont le mandat expire en décembre, de se représenter.

M. Kabila a proposé la tenue d'un dialogue national auquel la majeure partie de l'opposition refuse jusqu'ici de participer, y voyant un piège destiné à permettre au président de s'éterniser à la tête du pays.
Le conclave pourrait changer la donne puisque les participants devraient se pencher sur un plan d'actions et évoquer une transition entre la fin du mandat de M. Kabila et de nouvelles élections, a estimé la source proche des organisateurs.
(©AFP / 07 juin 2016 22h41)





