La diplomatie allemande accuse Trump d'affaiblir l'Occident Posté le 27/05/2017 - Par (©AFP / 27 mai 2017 22h42) Allemagne

 

 

 

 

 

La diplomatie allemande accuse Trump d'affaiblir l'Occident

 

 

 
 
Le chef de la diplomatie allemande, Sigmar Gabriel (g), a estimé lundi que les actions du président américain Donald Trump (d) avaient "affaibli" l'Occident et accusé la politique des Etats-Unis d'être contraire "aux intérêts de l'Union européenne". / © AFP/Archives / Timothy A. CLARY, Tobias SCHWARZ

 

 

Emboîtant le pas à Angela Merkel, le chef de la diplomatie allemande a lancé lundi une salve contre Donald Trump, accusé d'affaiblir l'Occident, des propos illustrant l'agacement de la première puissance européenne vis-à-vis du président américain.

"Toute personne qui accélère le changement climatique en réduisant la protection de l’environnement, qui vend plus d'armes dans une zone de conflit et qui ne veut pas résoudre politiquement des conflits religieux, eh bien cette personne met en danger la paix en Europe", a souligné le ministre des Affaires étrangères allemand Sigmar Gabriel, selon un communiqué.

"La politique à courte vue du gouvernement américain est contraire aux intérêts de l'Union européenne", a-t-il ajouté, quelques jours après la fin de la première tournée à l'étranger de M. Trump qui l'a conduit en Arabie Saoudite, en Israël à Bruxelles et au sommet du G7 en Italie.

S'exprimant devant la presse, M. Gabriel a aussi estimé que les tergiversations américaines sur le climat et les 110 milliards de dollars (98 milliards d'euros) de contrats d'armement à l'Arabie Saoudite, pays très critiqué pour son bilan en matière de droits de l'Homme, ont rendu "l'Occident plus petit, ou en tout cas plus faible".

- Prendre son destin en main -

La veille, c'est la chancelière Angela Merkel, une atlantiste convaincue, qui avait ouvert le bal en estimant que l'Europe ne pouvait plus totalement compter sur les Etats-Unis de Donald Trump et le Royaume-Uni post-Brexit.

"L'époque où nous pouvions entièrement compter les uns sur les autres est quasiment révolue. C'est mon expérience de ces derniers jours. Nous, Européens, devons prendre notre destin en main", a-t-elle dit.

"Notre amitié avec les États-Unis, avec le Royaume-Uni, notre bon voisinage avec la Russie, aussi avec d’autres pays, cela compte bien sûr. Mais nous devons savoir, nous devons nous battre pour notre propre futur, pour notre destin", a insisté la dirigeante la plus puissante d'Europe et qui vise un quatrième mandat.

Jusqu'ici ni les Etats-Unis ni les autres capitales européennes n'ont réagi directement aux propos de Mme Merkel et de son diplomate en chef. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, "reste partisan de bâtir des ponts", s'est borné à commenter lundi son porte-parole Margaritis Schinas.

L'émissaire de l'UE dans les négociations sur le Brexit, Michel Barnier, s'est dit sur Twitter "d'accord avec Mme Merkel" sur la nécessité pour les Européens de se prendre en main, sans évoquer ses propos sur Londres et Washington.

Cette sortie critique exceptionnelle pour la chancelière faisait suite au sommet du G7 qui n'a notamment pas abouti à un engagement américain à respecter l'accord de Paris sur le climat. Angela Merkel avait déjà dénoncé samedi une situation "pas du tout satisfaisante".

Le sujet semble en tout cas faire l'unanimité en Allemagne entre les conservateurs de Mme Merkel et les sociaux-démocrates, famille politique de M. Gabriel.

Le concurrent de la chancelière aux élections de septembre, l'ex-président du Parlement européen Martin Schulz, a d'ailleurs défendu sa rivale lundi et accusé M. Trump de tabler "sur l’isolationnisme et le droit du plus fort" pour imposer ses vues.

- Respect des valeurs -

Dès le jour de l'élection de l’homme d'affaires, la chancelière avait signifié à Donald Trump qu'il devait se tenir aux valeurs des démocraties occidentales après une campagne marquée par les dérapages et les controverses.

Le président américain, avant et après son élection, ne s'est pas privé non plus d'attaquer l'Allemagne.

Fidèle à son discours anti-libre-échange, il a notamment adopté un ton très dur vis-à-vis des excédents commerciaux allemands, menaçant d'instaurer des taxes douanières en représailles.

La semaine dernière à Bruxelles, lors d'une rencontre avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et celui du Conseil, Donald Tusk, le chef de l'Etat américain s'en serait à nouveau pris au commerce extérieur de l'Allemagne et aurait qualifié les Allemands de "très mauvais", selon l'hebdomadaire Der Spiegel.

En mars, après avoir pourtant qualifié d'"EXCELLENTE" sa rencontre à Washington avec Mme Merkel, M. Trump avait lancé sur twitter une diatribe contre l'Allemagne, accusée selon lui de devoir "d'énormes sommes d'argent" à l'Otan et aux Etats-Unis.



(©AFP / 29 mai 2017 20h08)

 
 
 

Affaire russe : Trump attaque les «mensonges» des médias

 

 

 

 

 

 
 
 
Le président américain Donald Trump et son épouse Melania marchent vers la Maison Blanche, à Washington, le 27 mai 2017 / © AFP/Archives / Brendan Smialowski
 
 
 

Le président américain Donald Trump a contre-attaqué dimanche en dénonçant les "mensonges" des médias qui multiplient les révélations sur l'affaire russe et placent la Maison Blanche en situation de crise.

Tout juste rentré à Washington d'une tournée de neuf jours au Moyen-Orient et en Europe, Donald Trump a réagi dans une série de tweets aux accusations portées contre Jared Kushner, son gendre et très proche conseiller.

La presse américaine affirme depuis vendredi que Jared Kushner a cherché à mettre en place un canal de communication secret avec la Russie pendant la période de transition, c'est à dire entre la victoire électorale de Donald Trump le 8 novembre et sa prise de fonctions le 20 janvier.

"C'est mon opinion que beaucoup de fuites sont des mensonges fabriqués par les médias +Fake News+ (fausses informations)", a tweeté Donald Trump dimanche matin.

A chaque fois que les médias mentionnent des sources anonymes, "il est très possible que ces sources n'existent pas mais soient inventées par des journalistes +fake news+", a-t-il ajouté.

Les révélations sur Jared Kushner sont les dernières en date d'une longue succession de fuites sur les contacts entre l'entourage du président américain et la Russie.

Homme d'affaires devenu conseiller du président, Jared Kushner, 36 ans, est le mari d'Ivanka Trump, la fille la plus en vue de Donald Trump et elle-même conseillère à la Maison Blanche.



- Cellule de crise -



Physique de jeune homme sage, souvent photographié main dans la main avec Ivanka, Jared Kushner ne s'exprime jamais en public. Mais son influence auprès de Donald Trump est immense.

Le déluge de révélations sur les liens entre l'équipe de Donald Trump et la Russie touche donc désormais le tout premier cercle du président américain.

Les agences de renseignement américaines sont persuadées que la Russie a cherché s'ingérer dans l'élection présidentielle américaine au détriment de la démocrate Hillary Clinton, notamment en piratant les messageries de son directeur de campagne.

Le FBI et plusieurs commissions parlementaires enquêtent désormais pour déterminer s'il y a eu collusion entre l'entourage de Donald Trump et la Russie.

Plusieurs médias américains assuraient dimanche que Donald Trump doit tenir une réunion dans la journée avec ses conseillers et ses avocats, à la Maison Blanche pour déterminer une stratégie dans cette affaire russe qui mine sa présidence.

La Maison Blanche réfléchirait notamment à établir une cellule de crise, comme celle que Bill Clinton avait monté pour faire face à l'enquête sur sa relation avec Monica Lewinski.

Cette cellule à la fois juridique et de communication délivrerait le reste des conseillers et communicants de la Maison Blanche de la charge de commenter l'enquête sur l'affaire russe.

Le futur rôle de Jared Kushner au sein de l'équipe gouvernementale fait aussi l'objet de spéculations dans la presse qui croit déceler des signes de lassitude chez le jeune conseiller.



- Contacts acceptables -



Plusieurs membres de l'administration sont venus dimanche à sa rescousse, estimant qu'il n'était pas anormal d'établir des canaux de communication non officiels avec des pays étrangers, y compris la Russie.

"Pour moi c'est normal et acceptable. Tout ce que vous pouvez faire pour communiquer avec des gens, en particulier des organisations qui ne sont pas particulièrement amicales avec nous, est une bonne chose", a ainsi affirmé dimanche John Kelly, le ministre américain de la Sécurité intérieure, lui-même général à la retraite.

Le républicain Lindsey Graham se montrait également dubitatif quant à ces révélations en cascade, dont la source présumée serait une conversation interceptée par les services américains entre l'ambassadeur russe à Washington et sa capitale.

"Cela n'a aucun sens que l'ambassadeur russe fasse un rapport à Moscou par un canal qu'il sait très probablement sur écoute. Toute cette histoire est très suspecte", a-t-il déclaré sur CNN.

L'ancien candidat à l'investiture républicaine a aussi conseillé à Donald Trump d'arrêter de tweeter.

"Si vous tweetez tous les jours pour vous plaindre des médias et vous plaindre de la façon dont vous êtes traité, cela finit par détourner votre attention et vous ne parviendrez à rien faire", a-t-il lancé sur la même chaîne, à l'intention du président

L'enquête du FBI est désormais dirigée par un procureur indépendant, Robert Mueller.

Les choses pourraient encore se compliquer pour l'exécutif américain avec le témoignage très attendu devant le Congrès, peut-être dès les prochains jours, de James Comey, l'ancien directeur du FBI limogé début mai par Donald Trump.

James Comey a conservé des notes dans lesquelles il a consigné, selon la presse, une conversation avec le président américain lui demandant de "laisser tomber" l'enquête visant Michael Flynn, l'ancien conseiller à la sécurité nationale de M. Trump.




(©AFP / 28 mai 2017 21h34)

 

 

Trump rentre à Washington où l'affaire russe touche son premier cercle

 

 

 

 

 
Le président américain Donald Trump et son épouse Melania, le 27 mai 2017 près de Taormina (Italie) / © AFP / MANDEL NGAN

 

 

Après plus d'une semaine au Moyen-Orient et en Europe, Donald Trump rentre à Washington dans une Maison Blanche en crise, où l'enquête sur les liens avec la Russie touche désormais l'un de ses plus proches conseillers, son gendre Jared Kushner.

Plusieurs médias américains rapportent que Jared Kushner a voulu établir un canal secret de communication avec le Kremlin, pendant la période de transition avant l'entrée en fonctions du président élu, cherchant à contourner les voies de communications traditionnelles entre les deux pays. 

Selon le Washington Post, Jared Kushner a fait cette proposition au cours d'une rencontre avec l'ambassadeur russe à Washington, Sergueï Kisliak, le 1er ou le 2 décembre à la Trump Tower de New York.

Jared Kushner est allé jusqu'à suggérer d'utiliser des bâtiments diplomatiques russes afin de "protéger ces discussions pré-investiture de toute surveillance" par le gouvernement américain, assurait vendredi le quotidien, mentionnant des conversations entre Moscou et son ambassadeur interceptées par les services de renseignement américains. 

"Nous avons des canaux informels de communication avec de nombreux pays. Cela nous permet de communiquer de manière discrète", a défendu samedi le général H.R. McMaster, le patron du Conseil de sécurité nationale (NSC) américain, au cours d'une conférence de presse téléphonique en marge du sommet G7 en Italie.

"Cela ne m'inquiète pas", a-t-il ajouté. 

Donald Trump est attendu dans la soirée de samedi à Washington après son premier voyage à l'étranger, qui l'a mené en Arabie saoudite, en Israël, au Vatican, en Italie et à Bruxelles.

- Cellule de crise -

Selon le New York Times, la Maison Blanche met en place une cellule de "communication de crise" pour tenter de distancer l'administration Trump de l'ampleur grandissante du scandale. 

Le président américain espérait que ce déplacement lui apporterait un répit, mais les révélations concernant l'affaire russe se sont intensifiées dans la presse américaine depuis son départ. 

La mise en cause de Jared Kushner fragilise un peu plus le républicain, qui a déjà dû se séparer de son précédent conseiller à la Sécurité nationale, Michael Flynn, et voit plusieurs membres de son équipe de campagne - en particulier son ancien directeur de campagne Paul Manafort - ciblés par l'enquête du FBI. 

"Si un officier du renseignement américain avait fait quelque chose comme ça, nous l'aurions considéré comme de l'espionnage", a réagi l'ancien directeur de la CIA sous la présidence de George W. Bush, John McLaughlan, sur la chaîne MSNBC, résumant le sentiment de stupeur à Washington.

L'ancien directeur de l'agence de renseignement américaine NSA, Michael Hayden, voit de son côté une dangereuse ignorance dans l'attitude prêtée à Jared Kushner .

"Quel degré d'ignorance, de chaos, d'arrogance, de suspicion, de mépris faut-il avoir pour penser que faire cela avec l'ambassadeur russe est une bonne idée ?" s'est-il interrogé sur la chaîne CNN. 

- Influence considérable -

Homme d'affaires devenu conseiller du président en politique étrangère, M. Kushner, 36 ans, est le mari d'Ivanka Trump, la fille la plus en vue de Donald Trump et elle-même conseillère à la Maison Blanche.

Jared Kushner est considéré comme faisant partie de la garde rapprochée du président américain et bénéficie d'un large portefeuille de responsabilités et d'une influence considérable à la Maison Blanche.

Il est notamment un intermédiaire central en matière de politique étrangère. 

Son avocat, Jamie Gorelick, a indiqué que M. Kushner "s'était déjà volontairement proposé de partager avec le Congrès ce qu'il sait de ces rencontres. Il en fera de même pour toute autre enquête".

Mais l'enquête du FBI, désormais dirigée par un procureur indépendant, Robert Mueller, sur une possible "coordination" entre l'équipe de campagne de Donald Trump et des responsables russes, semble se resserrer autour du président. 

Donald Trump lui-même est soupçonné d'avoir fait pression sur plusieurs responsables du renseignement américain pour l'aider à contrer cette enquête.

Les choses pourraient encore se compliquer pour l'exécutif américain avec le témoignage très attendu la semaine prochaine de l'ancien directeur du FBI limogé par Donald Trump, James Comey, devant le Congrès.

James Comey a conservé des notes dans lesquelles il a consigné, selon la presse, une conversation avec le président américain lui demandant de "laisser tomber" l'enquête visant Michael Flynn. 

Aucune date ni confirmation n'a toutefois été donnée pour ce témoignage. 

Outre l'enquête du FBI, deux autres enquêtes parlementaires sont en cours par les commissions du Renseignement du Sénat et de la Chambre des représentants.

Toujours selon le New York Times, la commission du Renseignement du Sénat a demandé à l'équipe politique de M. Trump de "rassembler et fournir tous les documents, courriels et enregistrements téléphoniques liés à la Russie depuis le lancement de sa campagne en juin 2015".

 

 

(©AFP / 27 mai 2017 22h42) 

 

 



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