Kaédi : Une altercation au marché tourne à l’affrontement intercommunautaire Posté le 08/07/2013 - Par Moussa DIOP © Le Quotidien de Nouakchott lun, 08/07/2013 - 11:18 Mauritanie Social

Soumis par journaliste le lun, 08/07/2013 - 11:18
La ville de Kaédi est frappée une nouvelle fois par de violentes manifestations de jeunes excédés, semble-t-il, par le comportement violent d’un commerçant à l’endroit d’une vendeuse au marché centrale de Kaédi. Selon nos différentes sources sur place, il se raconte que tout est parti de samedi 6 juillet quand, à la suite de la dispute, le commerçant gifla la vendeuse. S’en est alors suivi un tohu bohu qui finira à la police sur plainte de la victime. Emmenés tous les deux au commissariat pour être entendus, le commerçant s’est vu relâché alors que la pauvre vendeuse était retenue pour passer la nuit en garde à vue dans le commissariat jusqu’au lendemain. Vrai ou faux, dimanche 7 juillet en milieu de matinée, des heurts ont éclaté entre de jeunes manifestants et les forces de l’ordre aux abords du marché de Kaédi que la sécurité régionale avait investi très tôt le matin pour parer à toutes les éventualités. Soulignons que la tension était vive samedi 6 juillet dans la capitale régionale du Gorgol.
Bilan de ces heurts : deux policiers blessé dont un grièvement, plusieurs blessés côté manifestants. Côté commerçant il semble qu’il ait des blessés dont un grièvement. Jusqu’ici on ne signale aucune arrestation. Par contre il y’a eu des dégâts à la posta, à la représentation de Banque pour le Commerce et l’Industrie (BCI et dans certains commerces. Le marché a été fermé momentanément. Pour l’heure, il semble que la wali du Gorgol s’active à désamorcer la tension. Une réunion a lieu dans les locaux de la wilaya pour tenter de démêler les fils de cette monstrueuse affaire qui menace de se propager dans la vallée du fleuve peut-être même d’embraser tout le pays. Un homme avertit en vaut deux. Et le chef de l’Etat a le devoir de garder les yeux ouverts et entendre raison. L’unité nationale tant galvaudé n‘est pas un vain mot. Toutefois, personne ne souhaite voir des affrontements intercommunautaires. Mais en pratique, les pouvoirs successifs ont toujours surfé sur la division des communautés pour assouvir leurs desseins sordides. Et pour preuves, l’enrôlement biométrique qui n’a eu pour effet que d’installer la méfiance et la suspicion de la communauté négro-africaine qui y a vu une volonté manifeste du pouvoir de la priver des papiers d’état civil en vue de les rendre apatrides. On s’en rappelle, les jeunes de Kaédi laissaient exploser leurs colères par une manifestation à travers la ville occasionnant des dégâts matériels importants. C’était en 2011. Le mouvement de protestation s’est amplifié pour gagner Maghama où l’on déplore la mort du jeune Lamine Mangane. Plutôt que de garder profil bas dans ces cas de figure, mieux vaut attaquer le mal à sa racine. Laisser des mauritaniens s’affronter est une attitude inqualifiable. Il faut rompre avec la stratégie du silence et gérer le pays dans la transparence loin de l’opacité qui entoure la plupart des décisions prises au nom de la république.
Moussa DIOP © Le Quotidien de Nouakchott lun, 08/07/2013 - 11:18





