USA : une femme stratège parmi les successeurs potentiels de Chuck Hagel Posté le 24/11/2014 - Par Washington - (©AFP / 24 novembre 2014 17h08) Amérique du Nord

 

 

 

USA : une femme stratège parmi les successeurs potentiels de Chuck Hagel


Washington - Une femme experte en stratégie, Michele Flournoy, et un ancien secrétaire adjoint à la Défense figurent parmi les successeurs potentiels du chef du Pentagone, Chuck Hagel, qui a annoncé lundi sa démission, pour diriger la première armée du monde.

 

 

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- La favorite, Michele Flournoy, âgée de 53 ans, fondatrice et présidente du centre de réflexion Center for a New American Security (CNAS), a été sous-secrétaire à la Défense chargée de la stratégie de février 2009 à février 2012. A ce poste de numéro trois du Pentagone, elle a façonné la politique de retrait des Etats-Unis d'Afghanistan.

Très respectée par les militaires pour son expertise, cette diplômée de Harvard fait partie de ceux qui ont pensé la politique anti-insurectionnelle des Etats-Unis en Irak et en Afghanistan, mise en oeuvre notamment par le général David Petraeus.

 
 
 



Mariée et mère de trois enfants, cette démocrate connaît bien les arcanes du Pentagone, puisqu'elle y a déjà travaillé sous la présidence de Bill Clinton (1993-2001), déjà sur la stratégie.

Mme Flournoy est une grande adepte de l'importance du rôle de l'Amérique dans le monde et des responsabilités que nous avons, et de savoir si nos capacités sont à la mesure de nos promesses, disait d'elle l'ancienne secrétaire d'Etat Madeleine Albright en 2011 dans le journal The Washingtonian. Elle est très réaliste sur ce qui peut être fait et ce qui ne peut pas être fait.

- Ashton Carter, âgé de 60 ans, est un ancien secrétaire adjoint à la Défense (octobre 2011 - décembre 2013) de Leon Panetta, après avoir été sous-secrétaire à la Défense chargé des acquisitions (avril 2009 - octobre 2011), dans le but d'accélérer les achats du Pentagone et renforcer les défenses de la nation face aux menaces émergentes, selon le Pentagone.

Diplômé d'histoire médiévale et de physique, marié et père de deux enfants, Ashton Carter a aussi occupé d'importantes fonctions sous Bill Clinton, en lien avec la sécurité internationale.

Il présentait en janvier dans Foreign Affairs sa politique pour bien conduire le Pentagone (Running the Pentagone right). D'après lui le Pentagone excelle à anticiper les futurs besoins mais s'avère moins capable quand il s'agit d'apporter rapidement les équipements et la technologie aux soldats sur le champ de bataille.

- Jack Reed, sénateur démocrate du Rhode Island (nord-est), un Etat qui abrite de nombreuses industries de défense, est âgé de 65 ans. Il a servi dans la prestigieuse unité de parachutistes de la 82e Airborne Division et avait voté en 2002 contre l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis.

Mais M. Reed ne souhaite pas être évoqué pour le poste de secrétaire à la Défense ou d'autres postes au cabinet, a indiqué lundi son porte-parole Chip Unruh. Il vient de demander aux habitants du Rhode Island de le choisir pour un autre mandat de six ans et entend honorer cet engagement.

Le sénateur, marié et père d'une fille, affirme sur son site faire partie de ceux qui ont convaincu l'ex-secrétaire à la Défense Robert Gates de rester sous l'administration Obama.

Il est aussi président de la sous-commission des Forces armées du Sénat chargée de la marine, et membre de celle des acquisitions.



(©AFP / 24 novembre 2014 19h24)  

 
 

USA : Obama se sépare de son secrétaire à la Défense, l'EI en toile de fond

 


Washington - Le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel devait annoncer sa démission lundi matin, sur fond de désaccords avec le président Barack Obama sur la stratégie à adopter dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie.

 

 

 



Ce matin, M. Hagel annoncera sa démission, a indiqué à l'AFP un responsable de la Maison Blanche sous couvert d'anonymat. Un successeur sera nommé rapidement, a-t-il ajouté, précisant que M. Hagel, 68 ans, seul républicain du cabinet Obama, resterait à son poste jusqu'à ce que son remplaçant soit confirmé par le Sénat.

Cet ancien du Vietnam, réticent à engager l'armée américaine dans des conflits, était arrivé à la tête du Pentagone début 2013 avec comme mission principale de réduire la voilure et de mener à bien le retrait des soldats américains d'Afghanistan. Le lancement, début août, d'une campagne de frappes aériennes contre les jihadistes ultra-radicaux de l'EI en Irak d'abord puis en Syrie voisine ensuite, a profondément changé la donne.

Michele Flournoy, une ex-sous secrétaire à la Défense, figure parmi ses potentiels remplaçants cités par les médias américains. Les noms de Jack Reed, sénateur démocrate du Rhode Island et ancien membre d'une unité d'élite de parachutistes, et de Ashton Carter, ancien secrétaire adjoint à la Défense, sont aussi évoqués.

Selon des responsables américains cités par le New York Times, la décision de M. Obama de se séparer de M. Hagel est liée à sa volonté d'avoir un nouveau profil à la tête du Pentagone pour mener à bien cette opération militaire. Les deux années à venir vont demander un autre type d'effort, a souligné l'un d'entre eux sous couvert danonymat.

MM. Obama et Hagel devaient s'exprimer ensemble à 11H10 (16H10 GMT) depuis la Maison Blanche.

Nettement moins charismatique que son prédécesseur Leon Panetta, parfois assez confus en conférence de presse, donnant souvent l'impression de subir les décisions plutôt que de donner l'impulsion, M. Hagel semble avoir eu du mal à se faire une place dans le premier cercle du président américain.

Selon un responsable américain, il a commencé à évoquer son départ avec M. Obama il y a plusieurs semaines.



- Très frustré -



Je sais qu'il était très très frustré, a réagi le sénateur républicain John McCain, ancien candidat à la Maison Blanche, très critique de la politique étrangère de M. Obama. Il n'a jamais pu entrer dans le cercle resserré à la Maison Blanche qui prend toutes les décisions, a-t-il ajouté, précisant lui avoir parlé au téléphone lundi.

Chuck Hagel a grandi dans la pauvreté avec un père alcoolique et parfois violent, et s'est façonné au Vietnam. Dans la jungle du delta du Mékong, il a été blessé à deux reprises, se voyant décerner autant de médailles Purple Heart. De retour du Vietnam, il enchaîne les petits boulots avant de décrocher un emploi dans l'équipe d'un sénateur du Nebraska, où il se fait remarquer.

A l'arrivée de Ronald Reagan au pouvoir, au début des années 80, il devient numéro deux du ministère des Anciens combattants et n'hésite pas à démissionner pour dénoncer les coupes dans les pensions des vétérans. Il passe alors dans le privé, créant une société de téléphonie mobile qui le rendra millionnaire.

Au Sénat (1996-2008), où il est membre de la commission des Affaires étrangères, Chuck Hagel se lie d'amitié avec le républicain John McCain, le démocrate Joe Biden, ou encore Barack Obama qu'il accompagne lors de visites de terrain en Irak et en Afghanistan.

Hostile à un interventionnisme à tout crin, il s'était rapidement opposé à la politique de George W. Bush en Irak, s'attirant les critiques de son camp.

Nous n'hésiterons pas à recourir à toute la force de l'armée des Etats-Unis pour assurer notre sécurité. Mais nous devons aussi être intelligents, et plus encore, avisés, dans la façon dont nous employons la grande puissance de notre pays, déclarait-il en janvier 2013 lors d'un processus de confirmation difficile devant le Sénat.



(©AFP / 24 novembre 2014 17h08)

 



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