Elections en Tunisie : attaque contre des militaires, un mort Posté le 21/12/2014 - Par Tunis - (©AFP / 21 décembre 2014 09h16) Maghreb

Elections en Tunisie : attaque contre des militaires, un mort
Tunis - L'armée tunisienne a tué un homme et arrêté trois autres ayant tenté d'attaquer des militaires gardant une école de la région de Kairouan où était stocké du matériel électoral pour la présidentielle de dimanche, selon le ministère de la Défense.

© AFP Image d'archives Armée tunisienne
Dans la nuit de samedi à dimanche un groupe armé a essayé d'attaquer une unité (...) La vigilance des soldats et la rapidité de leur réaction a fait avorter cette opération et entraîné la mort d'un homme armé d'un fusil de chasse et l'arrestation de trois suspects, a déclaré le porte-parole du ministère, Belhassan Oueslati, à l'AFP.
Le responsable n'a cependant pas fait de lien avec la mouvance jihadiste dont les attaques ont fait des dizaines de morts dans les rangs de l'armée depuis la révolution. En général les terroristes n'utilisent pas des fusils de chasse, a-t-il relevé.
Un militaire a été légèrement blessé à l'épaule, et l'un des suspects à la main.
Selon le porte-parole, l'unité a été attaquée alors qu'elle gardait une école à Haffouz, près de Kairouan (160 km au sud de Tunis), où était stocké du matériel destiné au second tour de la présidentielle.
L'incident intervient quelques jours après que des combattants tunisiens ayant rejoint le groupe Etat islamique, ont revendiqué les assassinats des personnalités anti-islamistes Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi en 2013.
Ces crimes avaient plongé la Tunisie dans une crise politique profonde et conduit le parti islamique Ennahda à laisser le pouvoir début 2014 à un gouvernement apolitique.
Ces jihadistes ont aussi appelé les Tunisiens à boycotter le scrutin de dimanche et menacé de nouvelles violences.
(©AFP / 21 décembre 2014 09h16)

Les Tunisiens aux urnes pour parachever la transition démocratique
Le second tour de l'élection présidentielle en Tunisie opposera dimanche Béji Caïd Essebsi, candidat de l'alliance laïque Nidaa Tounès, au chef de l'Etat sortant Moncef Marzouki, élu fin 2011 à titre provisoire par l'Assemblée constituante. Au premier tour, M. Essebsi a obtenu 39,4% des suffrages contre 33,4% à M. Marzouki.
Agé de 88 ans, Béji Caïd Essebsi fut ministre dans le gouvernement d'Habib Bourguiba qui prit les rênes du pays en 1957 et les garda trente ans. Son parti Nidaa Tounès est arrivé en tête des élections législatives en octobre.

Ses adversaires l'accusent d'être une figure des régimes autocratiques du passé et voient dans sa candidature le risque d'un retour à "l'hégémonie d'un parti unique".
Gommer certains souvenirs
M. Essebsi doit surtout gommer le souvenir de son engagement dans le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) de Zine el-Abidine ben Ali, après le coup d'Etat de 1987, et son passage à la présidence de la Chambre des députés entre 1990 et 1991.
"Essebsi n'est pas un démocrate. Il ne sait pas ce qu'est la démocratie", a affirmé M. Marzouki lors de la campagne de l'entre-deux tours. Mettant en avant son statut d'homme d'Etat expérimenté, l'intéressé se dit toutefois le mieux à même de "rendre son prestige" à la Tunisie.

Moncef Marzouki, 69 ans, se voit quant à lui reprocher l'alliance avec les islamistes d'Ennahda qui lui a permis d'être élu président de transition en novembre 2011.
Pouvoirs présidentiels limités
Ancien opposant au régime de Ben Ali, exilé plusieurs années en France, il se présente comme le protecteur de la "révolution de jasmin" qui a déclenché le cycle des printemps arabes.
Le parti Ennahda, deuxième des législatives d'octobre, a choisi de ne pas présenter de candidat et n'a donné aucune consigne de vote mais le camp de M. Essebsi affirme que M. Marzouki a fait le plein des voix islamistes. Quel que soit le verdict des urnes, c'est à Nidaa Tounès de former le prochain gouvernement.

Ce scrutin est le point d'orgue de la transition entamée début 2011 et doit ouvrir, après la formation du futur gouvernement, un nouveau chapitre de l'histoire tunisienne. Les pouvoirs du futur chef de l'Etat ont été largement limités par la Constitution, adoptée en janvier, afin d'éviter un retour à la dictature.
(ats / 20.12.2014 20h31)





