L'Afrique du Sud a violé sa Constitution en n'arrêtant pas le président Béchir Posté le 14/06/2015 - Par Johannesburg - (©AFP / 15 juin 2015 16h33) Crimes contre l'humanité

L'Afrique du Sud a violé sa Constitution en n'arrêtant pas le président Béchir
Johannesburg - Le gouvernement sud-africain a enfreint la Constitution en n'arrêtant pas le président soudanais Omar el-Béchir, recherché pour génocide par la Cour pénale internationale (CPI) et venu participer au 25e sommet de l'Union africaine à Johannesburg, a estimé lundi un tribunal sud-africain.
L'attitude (des autorités) qui ont échoué à prendre des mesures pour interpeller et arrêter le président du Soudan Omar el-Béchir est en contradiction avec la Constitution de la République sud-africaine, a déclaré le juge Dunstan Mlambo, qui avait interdit la sortie du territoire sud-africain au président soudanais. Le jugement a été rendu alors que M. Béchir était déjà dans l'avion pour Khartoum.

L'avocat de l'Etat n'a fait aucun commentaire, sinon pour annoncer une enquête approfondie sur les circonstances du départ de M. Béchir.
Le tribunal avait été saisi en urgence par une ONG, sans que cela inquiète outre mesure les autorités soudanaises qui avaient indiqué, avant l'issue de l'audience, avoir reçu des assurances sur la liberté de mouvement du président Béchir.
C'est embarrassant pour l'Afrique du Sud qui aurait pu éviter cette situation, tout simplement en ne l'autorisant pas à venir, a commenté Jakkie Cilliers, directeur général de l'Institut des Études de Sécurité (ISS, Pretoria). Sans compter que sa présence a détourné l'attention des vrais problèmes du continent.
Mon impression est qu'en le laissant venir, ils (les dirigeants sud-africains) voulaient démontrer au reste du monde qu'ils partagent le point de vue de l'Afrique sur la CPI, a-t-il ajouté.
La CPI a été créée en 2002 à La Haye pour juger en dernier ressort les génocidaires et criminels de guerre qui n'ont pas été poursuivis dans leur propre pays.
Dès le 28 mai, la Cour pénale avait notifié à l'Afrique du Sud son obligation statutaire, en tant qu'Etat membre de la Cour, d'arrêter et de lui remettre M. Béchir si celui-ci se rendait sur son territoire.
Mais la CPI fait face à une virulente campagne en Afrique. Elle est accusée de racisme - notamment par les dirigeants africains - et de ne pourchasser que des Africains, ce qu'elle dément.
Sur huit dossiers en procès, tous concernent des dirigeants ou chefs rebelles africains, mais dans la majorité de ces cas, la CPI a été saisie par les gouvernements des pays concernés eux-mêmes.
(©AFP / 15 juin 2015 16h33)
Le Soudan assure que Béchir rentrera à Khartoum après le sommet de l'UA
Khartoum - Le gouvernement soudanais a assuré dimanche que la visite du président Omar el-Béchir en Afrique du Sud se déroulait normalement et qu'il rentrerait à Khartoum après le sommet de l'Union africaine en dépit d'une décision de justice locale interdisant son départ du pays.

La Cour pénale internationale (CPI) a demandé dimanche à l'Afrique du Sud d'arrêter le président Béchir, et un tribunal de Pretoria a enjoint les autorités à ne pas le laisser quitter le pays tant que la justice n'aura pas statué sur son sort.
Il est difficile de donner les détails de l'emploi du temps de M. Béchir, mais il rentrera une fois terminée la principale session (du sommet, NDLR). Cela pourrait être aujourd'hui ou demain, je ne rentrerai pas dans les détails, a précisé le ministre des Affaires étrangères Kamal Ismaïl.
Jusqu'ici tout se déroule normalement et son excellence le président ne court aucun risque, a-t-il insisté lors d'une conférence de presse.

Défiant la CPI qui le réclame pour crimes contre l'humanité au Darfour, M. Béchir était arrivé samedi à Johannesburg afin d'y diriger la délégation soudanaise au sommet de l'UA qui s'est ouvert dimanche.
L'affaire devait être examinée en urgence dimanche après-midi par le tribunal de Pretoria.
Mais M. Ismaïl a balayé la polémique.
Ce qu'on voit dans les médias n'a rien à voir avec ce qui se passe en Afrique du Sud, a-t-il assuré.
Le président soudanais, réélu en avril avec plus de 94% des votes, est visé depuis 2009 par un mandat d'arrêt de la CPI pour crimes de guerre et contre l'humanité au Darfour, une région de l'ouest soudanais meurtrie par les violences, et depuis 2010 pour génocide.
(©AFP / 14 juin 2015 16h25)
ALERTE - Le Soudan assure que Béchir rentrera à Khartoum après sommet de l'UA
ALERTE - La justice sud-africaine interdit provisoirement à el-Bechir de quitter le pays

(©AFP / 14 juin 2015 13h04)
Poursuivi par la CPI, El-Béchir pose lors du sommet de l'Union africaine
Le Point - Publié le - Modifié le
Le président soudanais était au premier rang de la photo de groupe du sommet. Il est poursuvi pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide.

Le président soudanais Omar el-Béchir pose pour la photo de groupe du sommet de l'Union africaine, le 14 juin 2015. © GIANLUIGI GUERCIA
Le président soudanais Omar el-Béchir, dont la Cour pénale internationale (CPI) a demandé l'arrestation, a posé dimanche pour la photo de groupe des chefs d'État réunis pour le sommet de l'Union africaine à Johannesburg. En costume bleu, Omar el-Béchir, poursuivi pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide, était au premier rang de la photo, non loin du président sud-africain Jacob Zuma, hôte du sommet. La Cour pénale internationale (CPI) a demandé dimanche à l'Afrique du Sud d'arrêter le président soudanais Omar el-Béchir, et un tribunal de Pretoria a enjoint aux autorités de ne pas le laisser quitter le pays tant que la justice n'aura pas statué sur son sort.
Le gouvernement soudanais a assuré, de son côté, que la visite du président Omar el-Béchir en Afrique du Sud se déroulait "normalement" et qu'il rentrerait à Khartoum après le sommet de l'Union africaine en dépit d'une décision de justice locale interdisant son départ du pays. "Il est difficile de donner les détails de l'emploi du temps d'Omar el-Béchir, mais il rentrera une fois terminée la principale session (du sommet, NDLR). Cela pourrait être aujourd'hui ou demain, je ne rentrerai pas dans les détails", a précisé le ministre des Affaires étrangères Kamal Ismaïl. "Jusqu'ici tout se déroule normalement et son excellence le président ne court aucun risque, a-t-il insisté lors d'une conférence de presse.
"Remettre immédiatement Omar el-Béchir à la Cour"
Le jugement émis par le tribunal, saisi par une ONG, stipule toutefois que les autorités sud-africaines "doivent empêcher le président Omar el-Béchir de quitter le pays jusqu'à ce qu'une décision soit rendue par cette Cour". L'affaire devait être examinée en urgence dimanche après-midi. Deux mandats ont été lancés par la CPI contre Omar el-Béchir, en 2009 et 2010, en relation avec le Darfour, région de l'Ouest en proie aux violences depuis 2003. Plus de 300 000 personnes sont mortes dans ce conflit selon l'ONU.
Dans une décision rendue publique dimanche, la CPI indique avoir rappelé le 28 mai à l'Afrique du Sud son obligation statutaire, en tant qu'État membre de la Cour, d'arrêter et de lui remettre El-Béchir si celui-ci se rendait sur son territoire. Selon le document, l'ambassadeur d'Afrique du Sud aux Pays-Bas a rétorqué vendredi à la CPI, qui siège à La Haye, que son pays se trouvait face à des "obligations concurrentes" et que la loi "manquait de clarté". Pour la CPI cependant, "il n'existe aucune ambiguïté ou incertitude quant à l'obligation incombant à la République d'Afrique du Sud d'arrêter et de remettre immédiatement Omar el-Béchir à la Cour".
Le président el-Béchir, 71 ans, au pouvoir depuis un coup d'État en 1989 et réélu en avril avec 94 % des voix pour un nouveau mandat de cinq ans, a depuis 2009 considérablement limité ses déplacements à l'étranger, privilégiant les pays n'ayant pas rejoint la CPI.
© Le Point & AFP

La justice sud-africaine interdit provisoirement à el-Bechir de quitter le pays
Johannesburg - Un tribunal sud-africain saisi par une ONG a interdit au président soudanais Omar el-Béchir de quitter le pays tant que la justice n'aura pas statué sur une demande d'arrestation formulée par la CPI, indique un jugement publié dimanche.
Le jugement stipule que les autorités sud-africaines doivent empêcher le président Omar el-Béchir de quitter le pays jusqu'à ce qu'une décision soit rendue par cette Cour.
L'affaire devait être examinée en urgence dimanche après-midi.
Omar el-Béchir est en Afrique du Sud pour participer à un sommet de l'Union africaine, mais la Cour pénale internationale (CPI) a appelé Pretoria à l'arrêter, dans le cadre des poursuites engagées contre lui en 2009 pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité et en 2010 pour génocide.
Les deux mandats d'arrêt sont liés aux événements au Darfour, région de l'ouest en proie aux violences depuis 2003. Plus de 300.000 personnes sont mortes dans ce conflit selon l'ONU.
Dans une décision rendue publique dimanche, la CPI indique avoir rappelé le 28 mai à l'Afrique du Sud son obligation statutaire, en tant qu'Etat membre de la Cour, d'arrêter et de lui remettre el-Béchir si celui-ci se rendait sur son territoire.
Selon le document, l'ambassadeur d'Afrique du Sud aux Pays-Bas a rétorqué vendredi à la CPI, qui siège à La Haye, que son pays se trouvait face à des obligations concurrentes et que la loi manquait de clarté.
Mais la CPI ne l'entend pas de cette oreille : Il n'existe aucune ambiguïté ou incertitude quant à l'obligation incombant à la République d'Afrique du Sud d'arrêter et de remettre immédiatement Omar el-Béchir à la Cour, a-t-elle soutenu dans sa décision.
C'est sur cette base que l'organisation de défense du droit Southern Africa Litigation Center a saisi la justice en urgence pour tenter d'obtenir une décision sur le sort du chef d'Etat soudanais.
(©AFP / 14 juin 2015 13h21)






