Mali : les groupes armés pro-Bamako ont effectivement quitté Ménaka Posté le 19/06/2015 - Par Bamako - (©AFP / 19 juin 2015 22h41) Fil de l'actu

 

 

 

 

 

 

Mali : les groupes armés pro-Bamako ont effectivement quitté Ménaka

 

 

 


Bamako - Les groupes armés progouvernementaux du nord du Mali ont quitté vendredi la ville de Ménaka, prise fin avril à la rébellion, respectant leur promesse à la veille de la signature par les rebelles de l'accord de paix dans le pays, selon un de leurs responsables.

 

 

 

 



Nos troupes se sont retirées de Ménaka depuis ce (vendredi) matin, comme nous l'avons promis. On a passé le contrôle de la ville à l'armée (malienne) et à la Minusma, la Mission de l'ONU au Mali, a déclaré à l'AFP Fahad Ag Almahmoud, secrétaire général du Groupe d'autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia).

Le Gatia est l'une des formations armées soutenant le gouvernement, regroupées au sein d'une coalition dite Plateforme, ayant pris le 27 avril Ménaka (nord-est) à la rébellion rassemblée au sein de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA). La prise de cette ville proche de la frontière nigérienne a été le point de départ d'une série d'affrontements qui ont fragilisé le cessez-le-feu.

Selon un arrangement sécuritaire obtenu par la médiation algérienne le 5 juin, les forces pro-Bamako devaient quitter Ménaka, et la CMA exigeait l'application de cette décision pour signer l'accord de paix déjà entériné le 15 mai par le gouvernement malien, ses alliés et la médiation. La cérémonie de signature par la rébellion est prévue samedi à Bamako.

Dans un premier temps, la Plateforme avait refusé de quitter Ménaka, mais on a subi des pressions de part et d'autre pour le faire, a précisé Fahad Ag Almahmoud, joint par téléphone depuis Bamako.

Selon lui, l'armée malienne a promis d'envoyer des renforts dans la ville, où ses troupes présentes sont insuffisantes pour la sécurisation. On a fait tout ça pour la paix et pour encourager la CMA à signer l'accord de paix, a-t-il soutenu. 

Dans une déclaration datée de jeudi consultée par l'AFP, la Plateforme a indiqué avoir décidé de quitter Ménaka à partir de ce vendredi après avoir reçu toutes les garanties de sécurisation des populations (de la ville) et de leurs biens par le gouvernement du Mali, la médiation internationale et la Minusma.

Toutefois, la Plate-forme reste vigilante et se tient prête à agir en cas d'atteinte à l'intégrité physique et aux biens des populations de Ménaka, selon le texte signé de son porte-parole, Me Harouna Toureh.



- 'Signes clairs et rassurants' -



Dans un communiqué, la Minusma a salué la décision des groupes pro-Bamako de se désengager de Ménaka.

Ce développement positif et le parachèvement imminent de la signature de l'accord de paix par la CMA sont des signes clairs et rassurants, aussi bien pour la population malienne que pour la communauté internationale, a estimé le chef de la Minusma, Mongi Hamdi.

 

 

 

 



La signature de l'accord par la rébellion est un pas nécessaire et très attendu parce que ça va permettre de clarifier la situation sur le terrain, a affirmé l'éditorialiste malien Souleymane Drabo dans un entretien avec l'AFP à Bamako.

Les violences se sont accrues ces derniers mois (dans le Nord). La situation est intenable pour tout le monde. (...) Donc, cette signature va permettre de distinguer les parties prenantes de l'accord des bandes incontrôlées, jihadistes, narcotrafiquants qui continuent les violences sur le terrain. Au plan de la sécurité, c'est le premier avantage que l'on attend, a expliqué M. Drabo.

Mais, a-t-il prévenu, c'est une simple étape dans un long processus, elle ne signifie pas le rétablissement (immédiat) de la sécurité.

A Bamako, l'imminence de la signature par les rebelles suscitait chez des habitants l'espoir de tourner définitivement la page de la profonde crise politico-militaire que traverse le pays depuis 2012.

Cet accord va apporter la paix pour les Maliens, je suis très content, a dit à l'AFP Bandjougou Cissé.

Hamada Touré, lui, espère qu'après la signature, il n'entendra plus: +Il y a attaque d'une part ou d'une autre+, sinon (elle) n'a pas vraiment de valeur, a-t-il indiqué.



(©AFP / 19 juin 2015 22h41)  

 
 

 

 

Mali : levée des ultimes obstacles à la signature de l'accord de paix par la rébellion

 

 


Bamako - Le gouvernement malien a levé les mandats d'arrêt visant des responsables de la rébellion et les groupes pro-Bamako se sont engagés à évacuer la ville de Ménaka, écartant les ultimes obstacles à la signature d'un accord de paix par les rebelles, a appris l'AFP auprès des parties concernées.

Ce jeudi soir, après une discussion avec la médiation, et les partenaires, nous le Gatia (Groupe d'autodéfense touareg Imghad et alliés, pro-gouvernemental) avons décidé pour faciliter le processus de quitter la ville de Ménaka. Ce retrait se fera à compter de ce vendredi, a déclaré à l'AFP Haballa Ag Hamza, secrétaire général adjoint du Gatia.

Nous sommes pour la paix, nous faisons un important geste, mais il est clair que c'est la Mission de l'ONU qui doit assurer la sécurité des populations de Ménaka, et non un autre groupe, a-t-il précisé.

Outre la Mission de l'ONU et la communauté internationale, le gouvernement malien, c'est-à-dire son armée, participera également à la sécurisation des biens et des personnes de Ménaka après notre départ, a ajouté le responsable du Gatia. 

Une source de sécurité au sein de la Mission de l'ONU, la Minusma, a confirmé qu'un accord avait été trouvé pour l'évacuation des forces pro-gouvernementales de Ménaka (nord-est), près de la frontière nigérienne.

Nous venons ce jeudi soir de trouver un terrain d'entente. Le Gatia accepte de quitter Ménaka. Le dernier obstacle pour la cérémonie de samedi est levé, a indiqué cette source sous le couvert de l'anonymat.

 

 

 



Dans une déclaration jeudi le Conseil de sécurité de l'ONU a déclaré attendre avec impatience la signature samedi par la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA, rébellion à dominante touareg) de l'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali déjà signé le 15 mai à Bamako par le camp gouvernemental et la médiation internationale. 

 

Le Conseil a exhorté les groupes rebelles et pro-Bamako à s'abstenir de toute action susceptible de saper le processus de paix, exhortant ces derniers à retirer immédiatement leurs forces de la ville de Ménaka, comme le prévoit un arrangement sécuritaire obtenu par la médiation algérienne le 5 juin, dont la rébellion exige l'application pour signer.



- 'Signe d'apaisement' -

 


De source proche de l'organisation de la cérémonie de signature de samedi, une délégation de la rébellion est attendue jeudi soir à Bamako, alors qu'une autre de 80 personnes est attendue vendredi en provenance du bastion rebelle de Kidal (nord-est).

Auparavant, le gouvernement malien avait levé les mandats d'arrêt émis en 2013 contre une série de dirigeants rebelles.

Les mandats d'arrêt lancés contre des responsables de la CMA ont été levés à la demande du gouvernement malien. La mesure peut être considérée +comme signe d'apaisement+, à quelques jours de la signature de l'accord de paix par les rebelles, a indiqué à l'AFP une source gouvernementale qui n'a pas souhaité être citée, sans donner de noms.

Un responsable de la rébellion, Almou Ag Mohamed, a confirmé à l'AFP que pour créer un climat propice autour des négociations, le Mali a très récemment levé les mandats d'arrêt contre quinze personnes de la CMA, assurant que celle-ci enverrait une délégation pour signer l'accord samedi à Bamako.

 

 

 

 



Le ministre algérien des Affaires étrangères Ramtane Lamamra, dont le pays conduit la médiation internationale dans ces pourparlers, est attendu vendredi dans la capitale malienne en vue de la signature, a rapporté l'agence algérienne APS, citant une source de son ministère.

La prise le 27 avril par les groupes pro-gouvernementaux des positions rebelles à Ménaka, a été le point de départ d'une série d'affrontements qui ont fragilisé le cessez-le-feu.



(©AFP / 19 juin 2015 02h19)



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