Atelier de renforcement de l'unité nationale et l'éradication de toutes les séquelles de l'esclavage. Posté le 18/10/2020 - Par Dr DIAW Abdoulaye Djimme Cadre du parti. dimanche 18 octobre 2020 Analyses et opinions

Atelier de renforcement de l'unité nationale et l'éradication de toutes les séquelles de l'esclavage.
Contribution.
Le 17 Octobre 2020, l'UPR a organisé un atelier sur le renforcement de l'unité nationale et l'éradication de toutes les séquelles de l'esclavage.
Une telle initiative est à saluer à un double point de vue. D'abord, en le faisant, le parti au pouvoir rompt avec sa pratique du silence et de l'action sur ordre ou sur commande. Il est rare, dans les annales du parti, de réunir ses cadres et de soumettre à débat un sujet aussi fondamental que l'unité nationale.
En suite, phénomène tout à fait nouveau : la franchise des débats et la liberté de ton. La langue de bois n'a pas animé les interventions au cours de l'atelier. Manifestement, quelque chose en train de changer, même si l'hirondelle ne fait pas le printemps.
La question de l'unité nationale a toujours été centrale dans la vie politique du pays. Elle l'est encore plus aujourd'hui, étant entendu que le sujet de l'esclavage est en filigrane dans la question nationale. Le souhait du peuple mauritanien a toujours été de vivre ensemble mais les gouvernements successifs ( à l'exception du règne très court de Monsieur Sidi Ould Cheikh Abdellah) ont toujours posé des actes de nature à contrarier cette volonté, du moins après le pouvoir de Monsieur Mokhtar Ould Daddah.
L'armée, les internats, l'assemblée nationale, le gouvernement et d'autres structures symbolisaient cette volonté du vivre ensemble tant et si bien que s'y tissaient les germes de la fraternité et de l'unité. Souvent de divergences ou même des craintes se sont manifestées mais sans la remise en cause de notre unité.
Sans être une langue nationale, le français nous était commun comme langue de communication et de travail.
L'arabisation, principalement par son côté outrancier, a été un des facteurs fondamentaux de notre déunion , non pas que les noirs aiment pas l'arabe, mais que l'arabe est instrumentalisé comme moyen d'exclusion, surtout que les autres langues nationales ont été simplement ignorées.
A partir du moment où l'arabisation est devenue un instrument politique de domination et d'exclusion, elle devient de facto ennemi de notre unité nationale car elle porte en elle-même les germes de notre division.
Pour retrouver notre symbiose dans ce domaine, l'enseignement obligatoire de toutes nos cultures et langues nationales devient un impératif pour notre unité nationale, pour la paix au sein de notre nation et pour le développement harmonieux de notre pays .
Les décennies 80/90, furent des décennies de fracture au sein de nos communautés.
563 militaires de tout grade furent tués dans les rangs de l'armée par leurs compagnons d'armes,
332 civils originaires des villages du sud ont été massacrés dans des conditions barbares,
369 villages, à travers les régions du sud, ont été rasés et leurs habitants déportés.
C'est tellement monstrueux, que ce paraît invraisemblable. Mais pour en avoir le coeur net, le parti et le gouvernement doivent se saisir de cette question pour en vérifier la véracité, avec ce double avantage de faire lever avec le doute et de tordre le coup à ce qui n'aurait été qu'une rumeur pour compromettre le pays et son unité.
Ce qui est désormais appelé Passif humanitaire connaît aujourd'hu des effets multiplicateurs qui, par définition, viennent renforcer ce qu'il faut bien appeler RACISME d'ETAT: un enrôlement biométrique discriminatoire, l'exclusion des noirs de la quasi totalité des niveaux , des domaines et des échelles de décisions de l'appareil administratif, des tous les secteurs économiques et financiers
Les maux qui minent notre unité nationale sont désormais connus.
Pour sauver cette unité nationale, il nous faut le courage politique de regarder nos maux en face. Il nous faut surtout une volonté politique de régler nos maux qui gangrènent notre évolution vers un monde meilleur.
Pour ce faire, le parti doit multiplier des rencontres de cette nature pour d'abord permettre la compréhension de la situation globale, de faciliter les échanges sur des sujets douloureux sur lesquels les échanges sont difficiles.
Les faits commis au sein de l'armée demandent enquête, vérification, confirmation ou infirmation , avec cette réalité que la grande muette est toujours, muette jusque dans ses solidarités .
Dans un second temps, s'orienter vers une justice transitionnelle dans un esprit de compromis et de respect des victimes .
C'est seulement après que les indemnisations et le pardon interviendraient pour enfin clôturer définitivement ce dossier et consolider harmonieusement notre unité nationale.
Dr DIAW Abdoulaye Djimme
Cadre du parti.





