🇲🇱 IN MEMORIAM SI SEULEMENT JE POUVAIS TROUVER DES MOTS* Par Moussa Sey DIALLO Posté le 01/01/2021 - Par Moussa Sey DIALLO Facebook Vendredi 1er janvier 2021 Nécrologie-Hommages

🇲🇱 IN MEMORIAM
SI SEULEMENT JE POUVAIS TROUVER DES MOTS*

Mon cher président, depuis ce coup de fil fatal du vendredi matin, que certainement je n’oublierai jamais, je cherche mes mots. Et là, face à mon clavier, je n’en ai aucun encore. Moi, si prompt à écrire sur tout et tout le temps. Moi, qui ne se sent vraiment en paix, qu’après avoir griffonné. Et pourtant là, je me retrouve devant une sècheresse de mot indescriptible. Cela le jour ou le devoir s’impose infailliblement à moi, pour dire haut toute ma reconnaissance, à celui qui m’a ouvert les bras pour un apprentissage fructueux du monde politique.
Mon cher président, mon silence sera un manque de courage, et un silence coupable. Alors je dois m’obliger à trouver des mots. Des mots qui diront aux hommes et femmes de ta famille, que tu as été un homme méritant. Des mots qui diront à tes amis, qu’ils pouvaient faire plus. Des mots qui diront aux maliens, qu’ils ont trop tardé. Des mots qui diront à l’Afrique, qu’elle a été laxiste. Des mots qui feront comprendre au monde, que pourtant tu pouvais être cette solution.
Des mots, mon cher président, je dois en trouver. En trouver pour témoigner. Témoigner, pour édifier. Edifier un peuple, qui peut être n’a pas su saisir, ou peut être n’a seulement pas su comprendre.
Mon cher président, j’ai pleuré. Eh oui ! J’en ai versé des larmes, mais sans pouvoir me dire exactement pour quelle raison. Était-ce parce que je ne reverrai plus un être cher ? Ou c’était parce que, avais-je l’impression d’avoir échoué dans l’atteinte d’un objectif ? Ou peut être juste parce que je ne suis qu’un homme affaibli devant l’immensité de l’éternel ? Pleurer…Un bon don.
Mon cher président, je suis bien confus. Troublé par mes sentiments. En effet, je suis très triste parce que tu ne seras plus là pour nous éclairer et émerveiller par tes prises de décisions formidables, par tes leçons de cohérence, par ton engagement qui nous faisait croire que l’impossible n’existait point. Mais président je suis aussi heureux. Je le suis parce que n’étant pas éternel, l’homme ne reste, et n’est élevé que par ses actes. Et sur ce plan, Dieu des hommes sait que nous ne pouvons qu’être fier de toi.
Président, tu as cherché ton champ à la dure, tu l’as labouré avec foi, et tu y as semé la meilleure des graines. Président, ton seigneur a décidé que tu devrais t’arrêter là. Mais ta mission a été tellement convenablement accomplie, si consciencieusement exécutée, que Dieu l’omniscient seul saurait te récompenser. Président, les liens du seigneur avec ses créatures sont insondables. Pourtant président, chacun sait que Dieu aime les bonnes personnes. Que Dieu aime ceux qui offrent en sourdine. Que Dieu aime ceux qui construisent la maison de leurs ascendants. Que Dieu aime ceux qui bâtissent leur nation. Que Dieu aime ceux qui aiment les hommes tout simplement. Alors président nous avons la preuve là, que Dieu ne peut que t’aimer.
Ici président, je ne vais pas parler de tes constructions, de tes initiatives, des choses qui feront la fierté de tes quatre fils, qui feront envier tantie Astan, qui t’honoreront à jamais. Ici je ne parlerais pas du projet ACI, je ne parlerais pas de la cité ministérielle, des forages à travers le pays, des écoles, et de la fierté ressentie par chaque malien par ton succès à l’UEMOA, parce que je sais que pour toi ce n’était que devoir. Alors laissons ça là.
Mais président, je parlerais de ta bienveillance, de ta bienfaisance. Président je parlerais de ta résilience. Dieu ! Que tu savais pardonner, t’élever, surmonter le mal, l’agression, la traitrise. Même à ton retour après six mois de captivité tu as trouvé le moyen de pardonner tes ravisseurs, jusqu’à trouver des alibis pour que nous comprenions leur posture.
Président, tu as trop pris sur toi, et ton cœur n’a pas pu tout supporter, les émotions fortes, les coups bas, les cataclysmes, les intempéries, les postures incontrôlées. Il a fini par te rappeler que tu n’étais juste qu’un homme, un bon certes, un fort probablement, mais un homme. Ainsi tu nous quittes, mais tout en restant, à l’image de ces hommes rares qui sont dans le panthéon des immortels grâce à leurs sacrifices.
Mon cher président, je ne peux terminer cette longue quête de mots sans me faire mien ce passage que Baba Dakono a joliment écrit à ton endroit « Soumaila Cissé n’a pas que vécu, il a existé et a marqué à jamais son temps »
Mon très cher président, peut être que je n’ai même pas besoin de mots. Je dois juste accepter de te laisser partir, mais de ne jamais te laisser disparaitre pour le bonheur véritable des fils de notre pays.
ADIEU PRESIDENT !
Moussa Sey DIALLO
Vendredi 1er janvier 2021





