📂 🇳🇪 🔫Le général Tchiani, nouvel homme fort du Niger à l'épreuve du pouvoir Posté le 28/07/2023 - Par Texte par : Serge Daniel De notre correspondant régional, 28/07/2023 - 20:26 RFI Afrique

 

 

 📂 🇳🇪 🔫Le général Tchiani, nouvel homme fort du Niger à l'épreuve du pouvoir

Le général Abdourahamane Tchiani, chef de la garde présidentielle à l'origine de la chute du président Mohamed Bazoum, s'est présenté ce vendredi 28 juillet comme le nouvel homme fort du Niger.

Publié le : 28/07/2023 - 20:26

 

Texte par : Serge Daniel 

De notre correspondant régional,

Après 48 heures de discussions, il s'est imposé face à un autre général. Un témoin des discussions explique à RFI : « Le premier jour, au camp de la garde présidentielle, ça a été un peu tendu. Pour certains, Abdourahame Tchania n'était pas le bon choix. Dans l'armée, des gens le trouvaient trop proche de l'ancien président Mahamadou Issoufou. Il a probablement travaillé les uns et les autres dans la nuit de jeudi à vendredi. »

C'est vrai que c'est l'ancien président du Niger  Mahamadou Issoufou (2011-2021) qui a ramené à la lumière celui qui était encore colonel en le nommant dans un premier temps « aide de camp ». Il sera rapidement bombardé chef de la garde présidentielle et général. À la tête de quelques centaines d'hommes bien formés, il veillait jour et nuit sur le chef de l'État qui lui avait donné les moyens de sa politique. Puis le général Tchiani va être confirmé au même poste lors de l'arrivée au pouvoir du président Mohamed Bazoum en 2021, veillant sur ses deux patrons comme sur la prunelle de ses yeux, en matant par exemple deux tentatives de coups d'État. En retour, les deux l'auront chouchouté.

Un de ses condisciples le décrit : « Nous avons été recrutés ensemble dans l'armée en 1984 à Niamey, plus précisément dans la "commune 1". Je me souviens de notre première tenue de recrue, bleue avec sandale le premier jour. Le recrutement par commune était de huit personnes. Après notre recrutement, le lendemain, nous sommes allés au centre d'instruction de Tombia, situé à une dizaine de kilomètres de Niamey. Et là, un instructeur a levé le ton sur nous. Tchiani a tout de suite riposté, c'est un homme de caractère. »

Il sait en tout cas manœuvrer. Alors que le premier jour du coup d'État, il savait qu'il n'était pas en bonne position pour prendre la tête du mouvement, il a proposé que les différents corps dépêchent des délégués à la télévision pour annoncer la prise de pouvoir par l'armée. Son adjoint était présent. Le lendemain, alors que les négociations se corsaient, un de ses adjoints a menacé de ne plus garantir la sécurité du président Mohamed Bazoum en signe de menaces.

« Le général Tchiani est un vrai chef militaire », confie un autre officier nigérien qui le côtoie depuis 23 ans. Le jour du coup d'État, avant de passer à l'acte en procédant à la séquestration du président Mohamed Bazoum, il aurait senti un grain de sable dans son plan. Mais déterminé, il aurait foncé dans le bureau de celui qui était encore son chef pour lui demander de se mettre à sa disposition.

Vendredi 28 juillet, il est apparu à la télévision nationale comme le nouvel homme fort, en lisant un communiqué en tant que président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNPS). Le général Tchiani a justifié le coup d'État de mercredi par « la dégradation de la situation sécuritaire ». Selon lui, sous le président Mohamed Bazoum, il y avait « le discours politique » qui voulait faire croire que « tout va bien ». Or, il y avait « la dure réalité avec son lot de morts, de déplacés, d'humiliation et de frustration ». Dans la foulée, comme pour montrer qu'il prenait les choses en main, il a convoqué les secrétaires généraux des ministères chargés de gérer les affaires courantes.

Formation militaire et parcours professionnel

Le général de brigade Abdourahame Tchiani est un ancien élève de l'École nationale des officiers d'active de Thiès, au Sénégal. Il fut plutôt un élève moyen. L'homme a également effectué plusieurs stages et formation à l'étranger. Mais il a fait également du terrain dans son pays. Par exemple, dans la région de Diffa (Nguiguimi et Ngoourti), puis Dirkou. Parmi les postes occupés, il y a celui de commandant de compagnie à la frontière tchadienne (1996-1997). Il a également exercé au haut commandement de la gendarmerie nationale. En 2010, il était commandant de la zone numéro 3 à Zinder.

Pour le remercier de sa fidélité, le président Bazoum de blanc vêtu il y a quelques mois a publiquement déclaré : « Général de brigade Tchiani Abdourahamane, chef de corps de la garde présidentielle du Niger, vous avez su gravir tous les échelons de commandement des forces armées nigériennes, des unités élémentaires aux zones de défense. Toutes ses responsabilités, vous les avez assumées pleinement et avec un esprit de dévouement, d'abnégation, de disponibilité et de loyalisme… » Debout, au garde-à-vous, le général Tchiani écoutait son chef, recevait sa décoration et disparaissait.

« L'autre point fort du général Tchiani, c'est qu'il sait être froid. On ne sait jamais ce qu'il pense », rapporte un diplomate africain en poste à Niamey. Une personnalité de la sous-région qui a suivi des soins médicaux il y a quelques mois en Turquie, au même moment que le nouvel homme fort du Niger, confirme : « J'ai suivi au même moment des soins médicaux que lui en Turquie, il y a quelques mois. Il sait camoufler les choses. Il peut être drôle, mais difficile de connaître le fond de sa pensée. »

L'homme n'a pas que des amis

Abdourahamane Tchiani n'a pas que d'amis. L'un d'eux lui jette la première pique après son installation dans le fauteuil de président du CNSP : « Lorsqu'il critique la lutte contre le terrorisme menée par le président Mohamed Bazoum, je ne suis pas d'accord. Il était au cœur du dispositif. Je vais même vous dire : parfois, lorsqu'on devait faire voler un hélicoptère pour attaquer les jihadistes, il refusait, arguant que l'appareil pouvait en réalité servir pour faire un coup d'État. » « Galéjades ! », répond un capitaine de l'armée nigérienne très proche de lui.

D'autres personnes interrogées estiment qu'il est moins populaire au sein de l'armée que d'autres hauts gradés. Et d'autres font la moue lorsqu'on égrène les faits d'armes de celui qui fut en 2010 le commandant de la zone militaire n°3 de Zinder.

Après le coup d'État, l'ex-président Mahamadou Issoufou, ex-mentor du nouvel homme fort du Niger, ne s'est pas exprimé. Ce silence a été diversement interprété. Le général Tchiani travaille-t-il pour lui en sous-marin ? Un proche d'Issoufou dément catégoriquement.

C'est à l'œuvre qu'on connaît l'artisan. Il faut donc voir le général Tchiani gouverner, murmure un partisan de Mohamed Bazoum, qui annonce « des surprises ».

 Source RFI via odh-mauritani

🇳🇪 🔫 Niger : fin de l'ultimatum, la junte ferme l'espace aérien et redoute une «agression» imminente

 

 

Malgré la fin de l'ultimatum fixé par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), la junte nigérienne n'a pas montré de volonté de rétablir le président Mohamed Bazoum dans ses fonctions. Dimanche 6 août dans la soirée, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) a publié plusieurs communiqués qui démontrent une pression qui s'accentue autour de la junte.

Publié le : 07/08/2023 - 02:01

Cette capture d'écran vidéo de l'ORTN - Télé Sahel le 31 juillet 2023 montre le colonel-major Amadou Abdramane lisant une déclaration à la télévision nationale. (image d'illustration) © AFP -

Texte par : RFI

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Dans un communiqué lu dans la soirée de dimanche, le CNSP explique avoir des informations indiquant que « les forces d'une puissance étrangère s'apprêtent à agresser le Niger et son peuple », sans préciser laquelle.

Un autre communiqué annonce « qu'un pré-déploiement des forces qui doivent participer à cette guerre est entamé dans deux pays d'Afrique centrale », là encore sans les nommer. Mais il ajoute que « tout État à partir duquel une action militaire est dirigée contre le Niger sera considéré comme cobelligérant ».

Signe de la pression croissante et, selon le CNSP, « d'une menace d'intervention qui se précise à partir des pays voisins », le Niger a aussi fermé son espace aérien. Et le communiqué promet que « toute violation fera l'objet d'une riposte énergique et instantanée ».

Il termine en assurant que « les forces armées nigériennes et les forces de défense et de sécurité sont prêtes pour défendre l'intégrité de notre territoire et l'honneur de notre patrie ».

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Le porte-parole du CNSP, le colonel-major Amadou Abdramane, annonce la fermeture de l'espace aérien du Niger

 

Fin de l'ultimatum de la Cédéao, l'incertitude règne entre le Niger et ses voisins

Au Niger, l'ultimatum lancé par la Cédéao a expiré. L'organisation sous-régionale avait donné jusqu'à ce dimanche 6 août à minuit à Niamey (23 heures TU) aux putschistes qui ont renversé le président Mohamed Bazoum pour rétablir l'ordre constitutionnel. Le compte à rebours s'est achevé, alors que la Cédéao avait évoqué une éventuelle intervention militaire si les mutins s'accrochaient au pouvoir. Voilà désormais le pays plongé dans l'inconnu.

Le temps est écoulé et les putschistes sont toujours au pouvoir. La situation appelle désormais beaucoup de questions mais peu de réponses. La Cédéao avait parlé d'une « éventuelle opération militaire » et ses chefs d'état-majors avaient établi les contours d'une intervention. Certaines sources disaient même que la force était prête.

Mais impossible de savoir si la Cédéao franchira le pas, alors que les soldats nigériens, eux, avaient promis de se défendre. Difficile aussi de déterminer pour l'instant s'il y avait une part de bluff dans les déclarations des deux camps.

En tout cas, la pression est forte sur l'organisation ouest-africaine. Le Mali et le Burkina Faso, dirigés par des juntes, ont déclaré qu'ils considèreraient comme une déclaration de guerre toute attaque lancée contre Niamey. Des États non-membres mais très influents, comme le Tchad et l'Algérie, se sont eux déclarés totalement opposés à une intervention armée.

Pression également sur Bola Tinubu. Le président de la Cédéao et chef de l'État nigérian a mis son pays en première ligne, alors que plusieurs voix s'élèvent au Nigeria pour empêcher un déclenchement des hostilités. Au Niger, c'est l'attente, alors que dimanche encore, des milliers de personnes se sont réunies au stade de Niamey pour soutenir les militaires putschistes

Source Page 📄 Web de Rfi via odh-mauritanie.com

Lundi 7 août 2023
#odh

 

 

📂 🇳🇪 🇫🇷 Niger : les putschistes accusent la France d'avoir "libéré des terroristes" et violé la fermeture de l'espace aérien
J.B.
mer. 9 août 2023 à 4:27 PM UTC+2
AFP
 
Le régime militaire du Niger issu d'un coup d'Etat a accusé mercredi la France d'avoir violé la fermeture de l'espace aérien nigérien et "libéré des terroristes", ce qui contitue selon lui "un véritable plan de déstabilisation de notre pays".
Les "forces françaises ont fait décoller" mercredi de N'Djamena, au Tchad, "un avion militaire" à "6H01 locales", indique un communiqué du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) qui a pris le pouvoir au Niger, ajoutant: "Cet aéronef a volontairement coupé tout contact avec le contrôle aérien à l'entrée de notre espace de 6H39 à 11H15 locales".
Les putschistes dénoncent "un plan de déstabilisation"
Dans le même communiqué, le CNSP accuse Paris d'avoir "d'une facon unilatérale libéré des terroristes prisonniers", le mot "terroriste" désignant des jihadistes armés. Après leur libération, ces jihadistes ont participé à "une réunion de planification" d'une attaque "de positions militaires dans la zone des trois frontières" entre Niger, Burkina Faso et Mali, dans l'ouest nigérien, ajoute le CNSP.
Sans faire de lien direct avec cette "libération" de jihadistes prisonniers, il annonce dans le même communiqué que, mercredi matin, "la position de la garde nationale de Boukou", dans la zone des trois frontières, "a fait l'objet d'une attaque dont "le bilan n'est pas encore établi".
"Nous assistons à un véritable plan de déstabilisation de notre pays", affirme le CNSP, dont le but est de le "discréditer" et de "créer une rupture avec le peuple qui le soutient, de créer un sentiment d'insécurité généralisée".
En conséquence, il est demandé aux Forces de défense et de sécurité (FDS) de "relever leur niveau d'alerte sur l'ensemble du territoire" et "au peuple de rester mobilisé et vigilant".
Ces accusations contre l'ancienne puissance coloniale dans la région, particulièrement prise pour cible depuis le coup d'Etat du 26 juillet, surviennent à la veille d'un sommet de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) au Nigeria. Cette organisation, jugée "à la solde" de la France par les militaires ayant pris le pouvoir à Niamey, les a menacés d'une intervention armée en cas d'échec de la diplomatie afin de rétablir dans ses fonctions le président nigérien renversé, Mohamed Bazoum.
Article original publié sur BFMTV.com
Source Page 📄 Web de Yahoo Actualités via odh-mauritanie.com
Mercredi 9 août 2023


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