Aperçu sur l'origine des Soninkés Posté le 25/08/2011 - Par SOUMARE Zakaria Demba Samedi

 

 

 

Aperçu sur l'origine des Soninkés
 
 
 
Notre objectif dans cette brève réflexion n’est nullement de donner une étude exhaustive de l’origine des Soninké. Ce sujet pourrait, de fait, faire l’objet d’une recherche beaucoup plus large et complète pouvant permettre aux lecteurs - chercheurs d’avoir une connaissance plus ou moins suffisante dans ce domaine.
 
Ici il s’agit donc de donner une idée, un aperçu à travers quelques versions que nous avons arbitrairement retenues pour étayer notre propos. A la fin de cet article, nous donnerons une indication bibliographique sommaire à l’intention de celles / ceux qui désireraient approfondir la réflexion.
 
En effet, les versions faisant état de l’origine des Soninké sont légion.
 
1. Dans leur ouvrage intitulé L’Empire du Ghana, le Wagadou et les traditions du Yéréré, Germaine DIETERLEN et Diara SYLLA affirment que « Dinga, ancêtre mythique des Soninké, dit Kare (ancien, patriarche) est né en Egypte à Sonna, nom que les Soninké donnaient à Assouan ». Ce qui pourrait signifier à notre avis que les Soninké seraient originaires de la Haute Egypte, dans une région appelée Sonni, et, dans ce cas précis, le terme de Soninké signifierait habitant de Sonni ;
 
2. La tradition orale soninké rapporte, par la voix des griots, qu’un homme nommé Dinga aurait traversé le Sahara d’Est en Ouest avec une troupe, et se serait installé dans le sud de la Mauritanie. Par la suite, son fils Diabé se serait descendu plus au Sud sur le conseil d’une vielle hyène et d’un vieux vautour  Il s’est finalement installé dans une localité appelée Wagadou, nom que portait l’empire soninké au Moyen Age;
 
3. De l’avis de Quintin, les Soninké appartenaient tous à l’ethnie Songhay. Au début, ils ne formaient qu’une branche de dynastie, les Sonni, mais, lorsque celle–ci fut chassée du pouvoir à Gao par l’Askia Mohammad en 1493, de nombreux partisans appartenant aux principales familles de l’ancienne monarchie, les Bakiri et les Dyawara, entre autres, émigrèrent avec elle, et le nom de soninké (ceux de Sonni) désigna bientôt toutes les familles fugitives. Les Sonni étaient d’origine étrangère, probablement berbère, ce qui expliquerait le teint clair des Soninké. Cette hypothèse fut combattue dès 1885 par Tautin.
 
4. Une autre explication, qui n’a pas donné lieu à grand commentaire, fait venir le nom de Soninké de leur ancien interdit alimentaire, qui portait sur le lamantin, sonni en leur langue.
 
5. Charles Monteila de son côté identifié ce nom avec des Zenaga, écrit Sanhadja par les auteurs arabes. Cette hypothèse fut à son tour combattue par Maurice Delafosse en ces termes : d’abord il serait étonnant que, si les deux noms étaient identiques, les Maures eussent conservé la forme Zenaga pour désigner les Berbères vivant à côté d’eux et adopté une autre forme, Assouanik, pour désigner les Soninké ; ensuite il y a entre les deux noms des différences phonétiques réelles, particulièrement en ce qui concerne la première voyelle, laquelle a toujours été écrite « a »et prononcée « a »ou « é » par les Arabes dans le nom de Zenaga (Sanhadja, Sanaga, Zenaga), tandis qu’elle est nettement « o » ou « ou » dans Soninké.
 
Bibliographie
 
BATHILY, Abdoulaye, les Portes de l'or, Paris, Harmattan, 1989
 
 
BOYER, G. Un peuple de l'ouest africain : les Diawara, mémoire n° 29, IFAN,
 
 
1953
 
CLAUDE. Meillassaux et L. Doucouré, La légende de la dispersion des Kusa
 
 
(épopée soninké), IFAN, 1967
 
CHARLES. Monteil, « La légende de Wagadou », in Bulletin de L’IFAN, n° 1- 2
 
 
Janv. Avril 1967
 
 
E. Pollet et G. Winter, Les Soninkés, Ed. Université de Bruxelles, 1971
 
DIAWARA, Mamadou, La graine de la parole, F. Steiner Suttgar, 1990
 
 
 
CLAUDE Meillassaux, La légende de Wagadou, l'origine des Soninkés n° 23,
 
IFAN, 1953
 
 
CHARLES. Monteil, Mélanges soninké
 
BATHILY. A., Lexique soninké (Sarakolé)- français
 
 
MAURICE. Delafosse, Haut Sénégal- Niger, Maisonneuve et Larose
 
 
 
Qui sommes- nous, les Soninkés, Orature n°1
 
 
FOFANA, Samba, Structure et dynamique socio- politique en milieu soninké,
 
mémoire de Maîtrise, université de Nouakchott, 2004
 
TANDIA, K. Aliou, Poésie orale et éducation traditionnelle, Dakar, NEA, 1999
 
 
SOUMARE Zakaria Demba


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